Ce matin : les dits et les non-dits de la COP22 sur le climat, qui commence aujourd’hui à Marrakech.

Il y a ce qui se dira pendant ces dix jours au Maroc : on s’y félicitera de l’entrée en vigueur de l’accord de Paris, intervenue vendredi après sa signature par plus de cent Etats. On y discutera des engagements concrets de chaque pays, qui sont d’ores et déjà insuffisants pour maintenir la hausse des températures à 2° maximum. Bon, ce seront en réalité cette fois-ci des discussions plus techniques que politiques. Mais oui il y aura aussi un non-dit : c’est le fait que rien n’avance sur un sujet concret qui changerait vraiment la donne, la fixation d’un prix du carbone. Taxer les émissions de CO2 qui réchauffent l’atmosphère, dans les centrales à charbon et à gaz, par les industries polluantes, les gaz des voitures et des camions, inciterait à basculer vers d’autres énergies moins polluantes. On doit dire que l’Europe, qui a créé un marché de quotas d’émissions il y a longtemps, traîne les pieds, çà ne bouge plus, le prix du carbone est ridicule. Il a très peu d’effet. En 2017, c’est la Chine qui va lancer un grand marché du carbone sur son territoire. Même si on ne peut pas s’attendre à ce qu’un prix mondial unique du carbone soit fixé ou même dans tous les secteurs, cette piste de monter le prix du carbone ne devrait pas être oubliée. A côté de la fixation de normes, par exemple anti-pollution pour les voitures.

Et où en est la France ?

S’il y a eu une continuité entre les quinquennats Sarkozy et Hollande, elle existe là-dessus. Les taxes climat sur les carburants ont augmenté de façon continue. En revanche, il s’est passé un épisode curieux ces derniers jours sur le charbon. Le gouvernement s’était engagé à taxer les cinq centrales à charbon françaises, il y a renoncé discrètement, à cause des emplois et d’une manifestation de la CGT, et pour ne pas embêter EDF. On ne va jouer aux comparaisons, mais le groupe Engie (ex GDF Suez) vient d’annoncer la fermeture d’une gigantesque centrale à charbon en Australie, une des plus sales au monde. Elle ne la vend pas, elle la ferme.

On vous entend rarement défendre la création d’impôts !

C’est vrai, mais la fiscalité peut avoir aussi un rôle pour pénaliser les comportements non vertueux. A condition que d’autres impôts baissent pour récompenser les attitudes vertueuses bien sûr !

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