Emmanuel Macron a gagné l’élection présidentielle il y a pile six mois. Quel bilan économique ?

Il y a deux manières de répondre à votre question. La première est de regarder la situation économique. Elle est meilleure qu’il y a six mois et, surtout, nettement meilleure qu’il y a un an. A l’automne 2016, la reprise pointait peut-être son nez et les créations d’emplois repartaient, mais mollement. Ca va mieux. Cela dit attention, hors un coup de booster possible au moral général, ce n’est pas Emmanuel Macron qui doit être crédité de ce mieux. C’est trop tôt. D'autant plus que si le taux de chômage diminue, c’est modestement. Voilà la réponse N°1. L’autre façon de répondre est de regarder ce qui a été engagé depuis six mois. Et là, on hésite entre tambour-battant, pas de charge ou ce que vous voudrez. Le nombre de chantiers ouverts est inédit : emploi, agriculture, fiscalité, budget, Europe, climat (en moderato), logement, et bientôt assurance-chômage, formation, avant les retraites etc. Quoi que chacun pense du fond, le président veut invalider la thèse de l’impuissance des politiques. Au-delà, la caractéristique la plus forte est qu’il a brisé des tabous anciens dans 4 domaines. Sur le droit du travail, avec des ordonnances ; sur la demi-disparition de l’ISF ; sur la demi-sélection à l’entrée à l’université ; et ailleurs, avec la fin de l’état d’urgence. Si on regarde les « petits » tabous, on peut même évoquer le paquet de cigarettes à 10 euros.

Restent deux questions.

Qui ne se résument pas à : maintenant, on attend les résultats – même si c’est vrai. Ces deux questions ont à voir avec la … marée. Macron a la chance d’agir au moment du cycle économique. Il veut aller vite pour être prêt quand ce sera moins facile -c’est malin. Mais que fera-t-il, quelle force de conviction aura-t-il, quand la marée sera plus basse ? C’est une course de vitesse qui est engagée. Deuxième question : que faire, que fait-il, pour ceux -cette fois- que la marée haute n’atteint pas ? Des minimas sociaux sont revalorisés, du pouvoir d’achat est distribué, des impôts locaux sont supprimés, mais le discours vis-à-vis de ceux qui, selon l’expression de François Furet, haïssent l’air qu’ils respirent, (ce discours) n’est pas encore écrit et on ne peut pas se contenter de dire que la marée va monter.

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