Il y a trente ans, tombait le Mur de Berlin. C’est l’occasion d'un constat : 30 ans après, et c’est un problème, il n’y a pas de récit économique qui s’écrit sous nos yeux pour les années à venir, notamment du côté libéral qui est remis en cause aujourd’hui.

Photo prise le 10 novembre 1989 : fête sur le Mur de Berlin au lendemain de sa chute
Photo prise le 10 novembre 1989 : fête sur le Mur de Berlin au lendemain de sa chute © AFP / Peter Zimmermann / dpa-Zentralbild / dpa Picture-Alliance

Rembobinons le film. 

-Après 1945, les pays dits de l’Ouest ont eu un ennemi à affronter, le communisme, et ils ont dû montrer que le système économique apportait du mieux-être pour les peuples. C’est ce qui s’est produit, avec une croissance impressionnante et un  enrichissement inédit des classes moyennes - les politiques économiques ont mixé un libéralisme modéré et un interventionnisme puissant de l'Etat (politiques plutôt keynésiennes). 

-Après 1989, le libéralisme et le capitalisme (le capitalisme, c’est le libéralisme avec un penchant pour l’actionnaire), n’ont plus eu d’ennemi, ils se sont étendus sur toute la terre : c’est la mondialisation.  Là encore, cela a réussi : les pays autrefois dits du Sud sont sortis de la pauvreté, et il est au passage choquant que ceux qui défilaient dans les années 1970 et 1980 pour le Sud ne s'en soient pas réjouis. Les inégalités entre pays n’ont jamais été si faibles. 

-Mais à partir du moment où le libéralisme n’a plus eu d’ennemi, il n’en a eu plus qu’un : lui-même. Et la crise de 2008 a été l’expression de ses excès et les classes moyennes de nos pays disent aujourd’hui "stop". 

Dans le détail, on voit que ce que ses ennemis appellent le néo-libéralisme économique est aussi le jumeau d’un néo-libéralisme culturel, où l’individu et ses aspirations parfois égoïstes sont devenus supérieurs au collectif – et  attention économie et sociétal, la poule et l’œuf ne sont pas forcément ceux que l’on croit. 

On en est là, dans un moment paradoxal : les innovations pullulent mais elles ne ruissellent plus autant qu’auparavant. On en est là, et le plus étonnant est que les voix libérales y compris d’un libéralisme revenu dans son lit sont donc muettes. 

Tandis que le camp d’en face se fait entendre : 

  • Les ennemis de toujours de l’économie de marché habillent de vert leur combat de toujours. 
  • Les nationalistes voient le salut dans les frontières. 
  • Les sociaux et chrétiens-démocrates sont perdus parce que tout cela se produit alors que les transferts sociaux sont restés importants. 

Cela étant, le camp d’en face n’a pas vraiment de solutions concrètes en dehors d’être radicalement « contre », en tous cas il les cache. 

En fait, le libéralisme non néo reste pour l’essentiel la solution. Mais tant qu’il n’aura pas écrit son récit et définit sa promesse, personne ne le croira et un nouveau Mur s’élèvera entre lui et les peuples.

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