Vous commentez ce matin la baisse historique des taux d’emprunt immobilier.

On a appris le chiffre hier et comme c’est une des rares bonnes nouvelles sur le front économique, on ne va pas s’en priver. Au mois de septembre, les banques ont prêté en moyenne à un taux de 2,59% (hors assurance) aux emprunteurs qui sont venus les voir – selon les données de l’Observatoire du Crédit Logement. C’est un record historique qui crève le plancher si l’on ose dire. Depuis le début de l’année, les taux ont reculé d’un demi-point ; et ils étaient à 5% en 2008 par exemple. Tous ceux qui ont contracté un emprunt immobilier sur dix, quinze ou vingt ans le savent : toute baisse des taux a des répercussions considérables sur le montant de remboursements mensuels.

Donc, c’est une bonne nouvelle économique ?

On sait que le logement, c’est l’angoisse numéro un d’une partie des Français qui n’arrivent pas à se loger – les jeunes mais pas seulement. On peut considérer que la baisse des taux constitue aujourd’hui le seul moteur qui soutient encore le marché du logement. S’il n’y avait pas cela, la situation serait encore pire. Ce qui est intéressant est que l’on a en même temps des taux qui baissent et des prix des logements qui diminuent (un peu). Normalement, si vous payez moins cher votre crédit, vous êtes prêts à dépenser plus et donc cela pousse les prix vers le haut. Là, on a un phénomène plutôt vertueux.

Est-ce que cette baisse des taux va se poursuivre ?

Un peu, pas forcément longtemps. Pourquoi ? La politique monétaire américaine va finir par se durcir un peu ; leurs taux vont remonter ; et donc l’Europe suivra pour garder les capitaux dont elle a besoin. Mais disons que jusqu’à la mi-2015, les taux devraient rester bas. En attendant, François Hollande peut remercier la finance, qui sur ce coup là, le financement du logement, est vraiment son amie ! A tel point que la Banque de France demande aux banques de remonter leurs taux...

Quoi qu’il en soit, les Français consacrent énormément d’argent à l’acquisition de leur logement…

Et ils adorent être propriétaire ! Il faut savoir que les Français qui achètent aujourd’hui un logement signent un chèque équivalent à quasiment quatre années de leurs revenus. Quatre années ! Il y a dix ans, c’était moins de trois ans ; et dans les années 80 et 90, c’était un peu plus de deux ans et demi. Et encore ce chiffre – on va entrer dans la technique – doit être précisé. On parle des gens qui ont acheté un logement. Beaucoup n’achètent pas ou plus. Si on prenait le prix des logements rapporté au revenu moyen des Français, l’évolution serait nettement plus spectaculaire. Au total, donc, retenez cela : ceux qui achètent signent un chèque égal à quatre années de leurs revenus. Et s’ils empruntent, même avec les taux bas, ils y consacreront cinq années de leurs revenus avec le versement des intérêts - plus à Paris et les grandes villes évidemment. Cela donne à penser !

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