Nicolas Sarkozy, qui avait prévu avant l'été que son grand emprunt focaliserait le débat économique, est servi : on ne parle que des impôts depuis une semaine avec la taxe carbone ; Et voilà qu'un autre sujet s'impose : le déficit de l'assurance maladie et les mesures que préparent Bercy et Roselyne Bachelot pour colmater les brèches. Pour être franc, dans les deux cas, on voit un gouvernement qui aborde les choses de front, on ne peut pas dire qu'il choisit les réponses les plus populaires, et en même temps, j'ouvre une parenthèse, ces débats ont un inconvénient : c'est de faire croire que la crise est finie, que l'on revient aux sujets classiques de rentrée, alors que dans l'économie, la crise n'est pas finie. Je ferme la parenthèse et reviens à l'assurance maladie. La situation est-elle grave ? Si grave qu'il faille agir vite ? Le déficit était de 4 milliards d’euros l'an dernier, il pourrait atteindre 15 milliards l'an prochain. En fait, ce chiffre, c’est à la fois peu et beaucoup. Peu si on regarde le déficit 2009 de l'Etat, déjà 110 milliards fin juillet. Mais beaucoup si on considère que ce déficit de la maladie créé de la dette et que nos enfants vont payer demain nos dépenses de médicaments et d'hôpital d'aujourd'hui, c'est absurde. Ce qu'il faut dire, c'est que le « trou » est presque entièrement dû à la panne de recettes, pas au dérapage des dépenses. La crise, c'est moins de salaires et moins de salariés. Donc, peut-on se dire çà ira mieux après la crise? Non, parce que depuis 5 à 10 ans, la progression des dépenses de santé a été financée par des cotisations dynamiques parce que beaucoup d'emplois ont été créés. Or, personne ne sait si nous retrouverons un contexte si porteur. Oui, la route est droite et la pente glissante. Sur quelles pistes travaille le gouvernement ? Le JDD en a évoqué une hier, la hausse du forfait hospitalier journalier, aujourd'hui à 16 euros, qui augmentera non pas de quatre mais au plus de un ou deux euros. « Les Echos » évoquent d'autres pistes, la baisse du prix de médicaments, qui sera imposé aux laboratoires pharmaceutiques, notamment pour les génériques. Alors, le débat est lancé. Ce matin, je voudrais inviter à retenir un chiffre pour mettre en perspective les choses. Depuis dix ans, les dépenses d'assurance maladie dans notre pays, prises en charge par la « sécu », donc, les médecins, les hôpitaux, ces dépenses ont augmenté de 60% en euros courants, à 175 milliards à peu près, et cela va continuer. Il n'y a donc pas d'austérité sur la santé, vraiment pas. Donc, les économies sont justifiées ? La question, c’est de savoir s’il y a beaucoup d’autres solutions. C’est aussi de trouver la répartition la plus efficace entre le financement public, les mutuelles et ce qui est payé directement par les ménages, moins de 5%. L’essentiel, c’est de préserver un système qui, pour l’heure, permet d’avoir une des meilleures espérances de vie au monde.

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