Quand on évoque l’Europe, quand on pense à l’Europe, de quoi parle-t-on en ce moment ?

Des réfugiés dont on veut ou ne veut pas, du Brexit, de l’ancien président Barroso qui va chez Goldman Sachs, de la croissance trop molle, des tensions entre les uns et les autres. Bref, il n’y a pas de quoi se lever de bonne humeur le matin, cela donne même envie de se recoucher. Et pourtant, si on fouille un peu, si on regarde sous la pile des mauvaises nouvelles, on trouve, parfois, des raisons de se dire que l’Europe facilite notre vie. Oh ce ne sont pas toujours des grandes choses, mais cela peut être très concret. Tenez, par exemple, il y a deux jours, la Commission de Bruxelles a confirmé - bizarrement en catimini - qu’à partir de juin prochain, l’utilisation de son téléphone portable par un Européen ne lui coûterait pas un centime de plus dans n’importe pays de l’Union que dans son propre pays.

C’est la disparition de ce qu’on appelle les frais d’itinérance, le roaming en jargon.

Il y a encore quelques temps, un Français qui passait quelques semaines l’été en Espagne, en Grèce, en Italie voyait sa facture s’alourdir pour les appels, l’envoi de SMS et Internet. Les surcoûts ont commencé à diminuer en 2014, il y a eu une nouvelle étape au printemps dernier et la suppression totale aura donc lieu en 2017 -en tous cas jusqu’à 90 jours passés à l’étranger par an. Pour les touristes, les frontaliers (un dispositif spécial est prévu pour eux), les étudiants qui voyagent, fini le stress de la facture. Un Européen sur trois est concerné puisque un sur trois sort de son pays au moins une fois par an. Bruxelles, avec les associations de consommateurs, a imposé cela aux opérateurs de tous les pays européens. Voilà, c’est pratique, c’est du pouvoir d’achat et de la simplicité et cela créé un véritable espace européen. Il y a quelque chose d’étrange à ce que l’on se gausse à tous bouts de champ des décisions de la Commission européenne sur l’harmonisation excessive de la taille des chasses d’eau ou des bananes sans jamais citer les points positifs.

Je vous sens remonté sur le sujet.

Ecoutez, cette chronique, j’en ai conscience, ne marquera ni l’histoire ni les esprits parce qu’elle touche un sujet un peu rase-moquette, regardé de haut. Ce n’est pas de la géopolitique, de la grande politique économique, du lyrisme. Mais cet acquis-là, comme des centaines d’autres qui nous semblent totalement naturels, nous n’avons pas envie d’y renoncer -je crois.

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