Vous commentez les marches pour le climat prévues ce samedi à Paris et dans plusieurs villes

L'économie peut-elle s'adapter à l'environnement ?
L'économie peut-elle s'adapter à l'environnement ? © Getty / Sawitree Pamee / EyeEm

L’histoire a été racontée sur cette antenne, un jeune homme, Maxime Lelong, invite à marcher pour le climat. Il a entendu Nicolas Hulot dire ici qu’il se trouvait bien seul, que personne ne défilait jamais contre le réchauffement et il s’est lancé. Des ONG (comme Oxfam, celle de Cécile Duflot) et des personnalités politiques sont montées dans son bateau, mais la démarche est apparemment apolitique.

Eh bien, on a envie ce matin d’inviter le monde économique à marcher aussi, à montrer que les entreprises et leurs salariés, les chefs d’entreprise, sont sensibles à ce sujet. Et qu’il n’y aura pas seulement dans la rue ceux qui pensent que l’économie de marché est incompatible avec l’économie et la croissance.

Imaginez que Geoffroy Roux de Bézieux, le président du Medef, dise : je viens, cela aurait de l’allure -et ce n’est pas le mot qui me vient le plus vite à l’esprit. Cela enverrait un signal que la prise de conscience est bien générale après un été où les statistiques inquiétantes se sont multipliées.

L’économie a, selon vous, montré qu’elle peut s’adapter ?

Le mouvement est lent, il est insuffisant, mais des efforts ont été effectués depuis trente ans et ont payé, sous la pression des pouvoirs publics. Le sait-on ? Les émissions de gaz à effet de serre de la France ont diminué de 15 à 20% depuis 1990 alors que le nombre d’habitants et le niveau de vie ont nettement progressé.

Dans ce total, les émissions des activités économiques (l’industrie par exemple) ont reculé sensiblement (-23%), alors que celles des ménages, les logements et les transports, sont au mieux stable. Ce sont les données du Commissariat général au développement durable.

Dans ce total, les émissions des activités économiques (l’industrie par exemple) ont reculé sensiblement (-23%), alors que celles des ménages, les logements et les transports, sont au mieux stable. Ce sont les données du Commissariat général au développement durable.

Alors, pour rester précis, il y a c’est vrai quelques bémols. Nous importons une partie des biens que nous consommons (délocalisations et désindustrialisation) et si on rajoute les émissions de ces biens fabriqués ailleurs, la baisse est moins forte.

Mais il est incontestable que par exemple l’efficacité énergétique s’est améliorée dans les activités productives. Individuellement chaque voiture, quant à elle, pollue moins mais le nombre de déplacements et d’abord ceux des poids lourds n’en finissent pas d’augmenter.

Bref, tout cela veut dire qu’on n’évitera pas des durcissements de réglementations et des changements d’organisation économiques individuelles et collectives. Mais c’est possible et les milieux économiques peuvent et doivent en être les acteurs consentants. En attendant, la bonne surprise serait qu’Emmanuel Macron et Angela Merkel qui se voient aujourd’hui à Marseille fassent du climat une priorité. 

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter
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