Le gouvernement doit faire un nouvel arbitrage entre le sanitaire et l’économique : il devrait décider de réduire la durée de l'isolement ne cas de contact avec une personne malade.

Savoir s'occuper pendant la quatorzaine
Savoir s'occuper pendant la quatorzaine © AFP / Idriss Bigou-Gilles / Hans Lucas / Hans Lucas

C’est le sujet de l’éventuelle réduction de 14 à 7 jours de la période pendant laquelle un « cas contact » ou une personne testée positive mais peu malade est invitée à s’isoler. On en parle depuis vendredi, un prochain conseil de défense autour d’Emmanuel Macron se réunira mercredi ou jeudi, il devrait réduire ce délai. 

Pourquoi  réduire le délai ? 

Les scientifiques disent aujourd’hui que la grande majorité des contagions se font pendant les deux jours avant l’apparition des symptômes et environ cinq jours après. Vous avez bien entendu, la grande majorité, pas la totalité : autour de 95% semble-t-il. 

Mais en face, chacun voit que la multiplication des quatorzaines de personnes qui ne vont pas travailler parce que leur enfant a été en contact à l’école avec un malade, ou parce qu’elles ont déjeuné, croisé au bureau, à l’usine ou dans une fête de famille un testé positif, chacun voit que cela désorganise les entreprises et tous les services publics. 

Du coup, faut-il continuer d’appliquer la quatorzaine pour qu’aucun malade déclaré ou potentiel ne passe à travers les mailles du filet, ou faut-il se dire que la vie économique vaut la peine de laisser quelques petits trous dans la raquette ?

Le Royaume-Uni a ramené le délai à 10 jours, c'est la recommandation aux Etats-Unis, et, en Allemagne, l’épidémiologiste vedette du pays est OK pour 5 jours dans certains clusters. En réalité, depuis 6 mois, c’est un débat récurrent : où mettre les curseurs ? 

Au printemps, avec le confinement, le sanitaire l’avait emporté sur tout. Ensuite, l’efficacité du confinement a permis de redémarrer l’économie. 

Aujourd’hui, les curseurs se cherchent à nouveau : les masques sont imposés partout, parfois jusqu’à l’absurde, pour éviter une deuxième récession. 

Alors, faut-il assouplir les règles d’isolement ?  Et votre réponse ? 

La logique pousse sans doute à ce que les délais soient différents pour les simples cas contacts (quatorzaine raccourcie) et les testés positifs au Covid19 – où la prudence doit rester. Mais la logique invite surtout à ce que l’avis du conseil scientifique soit publié avant la décision des pouvoirs publics -ce qui n’a presque jamais été le cas jusqu’à maintenant. 

L’opinion est légitimement déboussolée par les allers-retours, les ordres et contre-ordres, elle a besoin de transparence pour adhérer à des décisions peut-être justifiées mais qui doivent être justifiées.

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter
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