Le gazole a repassé la barre des 1,40 euros le litre. Les autres carburants sont aussi à la hausse. C’est la faute au pétrole ? Oui, c'est hélas classique. Le baril a pris 20 dollars en un mois, et le litre à la pompe a suivi avec le décalage habituel de quelques jours. Depuis début juillet, le gazole, qui remplit désormais quatre réservoirs sur cinq en France, a pris six centimes, le sans plomb cinq centimes, juste au moment des départs en vacances.Certes, on n’est pas encore revenu aux records du début du printemps, mais on n’en est plus très loin. Surtout, les prix des carburants sont pratiquement au niveau de début mai. C’est-à-dire au moment où un certain François Hollande a été élu président de la République.François Hollande… Vous voulez parler du candidat socialiste qui avait promis le gel du prix de l’essence ? Comme vous êtes malicieux, Bruno ! Oui, celui-là même, et les électeurs ne manquent pas de le rappeler sur internet où les orums de discussion sont assez violents sur la question. Sur le site du Parisien, Nini écrit par exmele sur le sujet : « Que des menteux dans ce gouvernement. Ils voulaient le pouvoir pour ne rien pouvoir. » EEvidemment, quand François Hollande est entré à l’Elysée, il n’a pas tenu sa promesse car le prix du baril reculait. Michel Sapin avait alors prononcé cette phrase logique: « On ne bloque pas des prix qui baissent ». Malgré ce solide bon sens, ou à cause de lui, il n’a pas eu le ministère de l’Economie mais celui du Travail. Aujourd’hui, les choses se présentent très différemment. Les prix sont à la hausse et ils risquent de le rester, car le marché pétrolier est très ferme pour le moment. Celui qui est devenu le ministre de l’Economie, Pierre Moscovici, a tenu hier à faire savoir que le gouvernement est très attentif et n’exclut aucune possibilité d’action, notamment le gel promis pendant la campagne présidentielle. Va-t-on alors vers le gel des prix du carburant ? Ca serait un geste symbolique fort. Le gouvernement flatterait le petit consommateur en s’attaquant aux géants du pétrole et de la distribution En ces temps de crise, pas facile de résister à une telle tentation. Mais le gel serait moins facile à justifier aujourd’hui, trois mois après l’élection. Et puis surtout, ça ne règlerait rien du tout.Pourquoi ce défaitisme pétrolier ? C’est très simple : il suffit de décomposer le prix de l’essence. Une petite moitié, c’est le cours du pétrole. Là-dedans, il y a la ressource naturelle et les marges des compagnies pétrolières. Même un personnage aussi puissant que le ministre français des finances a peu de moyens de faire bouger ces masses.Ensuite, il y a quelques centimes pour la distribution : il faudra toujours payer le chauffeur du camion-citerne et le commerçant qui fait pomper les pompes à essence. Il y a quelques autres centimes pour le raffinage, mais on ne peut pas faire tourner les moteurs des voitures au pétrole brut. Il n’y a pas grand-chose à gratter, même en fermant les vieilles raffineries françaises pour acheter des carburants raffinés par des installations plus modernes. Reste l’autre moitié : c’est de l’impôt, la taxe intérieure de consommation sur les produits pétroliers et la TVA. Mais la taxe intérieure rapporte à elle seule près de 15 milliards d’euros : pas question de tuer cette poule aux oufs d’or, même si le gouvernement pourrait prélever quelques plumes pour montrer qu’il agit. La vraie parade à la hausse des prix de l'essence, c’est de moins consommer. Les Français le savent d’ailleurs parfaitement : plus de 20% des voitures vendues au premier semestre émettent moins de 105 grammes de CO2 au kilomètre, c’est-à-dire qu’elles sont très peu gourmandes. En deux ans, cette proportion a été multipliée par dix. Ici, on est très, très loin du gel.

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