Quatorze mois après le vote des Britanniques en faveur de leur sortie de l’Union européenne, est ce qu’on peut déjà mesurer les conséquences économiques du Brexit ?

Que devient l'économie britannique, 14 mois après le brexit ?
Que devient l'économie britannique, 14 mois après le brexit ? © Getty / Fernando Trabanco Fotografía

Vous vous souvenez peut-être de ce flot d’études qui, toutes, prédisaient le pire au Royaume Uni en cas de sortie de l’Europe : la dévaluation de la livre, le départ des investisseurs, la hausse du chômage, la récession, bref une nouvelle annus horribilis pour le royaume.

En fait, rien de tout cela ne s’est passé. Le pays a même étonnamment bien résisté. Loin de paniquer, les ménages ont continué à consommer et à emprunter comme si de rien n’était. On a même dit que l’économie britannique défiait la gravité ! Et d’ailleurs, en 2016, la croissance outre-Manche a été meilleure qu’en Allemagne et aux Etats Unis

La sortie de l’Europe, est-ce la fin du monde ?

Un peu quand même.

En fait les signes de ralentissement sont apparus peu à peu. Les prix ont commencé à augmenter sous l’effet de la chute de la Livre.

Les salaires n’augmentant que très peu, le pouvoir d’achat a baissé et la consommation est en berne. La croissance dont je vous disais à l’instant qu’elle s’était bien maintenue l’an dernier, ralentit depuis le début de l’année. Au premier semestre, elle a enregistré son plus mauvais premier score depuis 2012.

D’où vient ce changement ?

De la grande inconnue qui pèse sur les négociations. Elles viennent à peine de commencer et elles doivent durer deux ans. Alors, Sortie dure, sortie douce ? On n’en sait rien. Les résidents européens pourront ils continuer à bénéficier des mêmes droits qu’aujourd’hui ? Y aura-t-il, au moment de la sortie, une période de transition qui rendrait les choses moins brutales , comme le souhaitent le patronat anglais et les moins acharnés du gouvernement de Theresa May? On n’en sait rien non plus. Tout cela est ouvert et fait partie des discussions des prochains mois.

Ce dont on est certain, c’est que les entreprises britanniques et la City vont perdre un accès gratuit au marché unique européen qui compte 400 millions de consommateurs parmi les plus riches du monde. Du coup, les entreprises n’osent plus investir et l’activité économique se paralyse peu à peu.

Un coup d’arrêt à l’immigration pour les Britanniques…

Alors oui c’est vrai en théorie et c’est même le principal argument que les Brexiters mettent en avant. Mais à quel prix …

En votant le Brexit, les Britanniques savaient-ils que la facture serait aussi élevée ? Faut il à ce point sacrifier de la croissance, de la prospérité et de l’influence au nom du peuple et de la démocratie directe ? C’est tout le paradoxe du Brexit et il est probable que dans quelques temps les Anglais se demanderont si le jeu en valait vraiment la chandelle.

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