C’est donc aujourd’hui que le diagnostic issu du grand débat sera mis sur la table.

Impôts
Impôts © AFP / Joël SAGET

Oui, et le risque, je crois, serait que l’attention se porte exclusivement sur la fiscalité, les baisses et les hausses d’impôt, vieille et éternelle obsession française. 

Le mouvement des Gilets Jaunes a été déclenché à l’automne par la hausse des taxes sur les carburants et les semaines qui ont suivi ont été occupées par des discussions sur l’ISF, l’impôt sur le revenu, les droits de succession, les niches fiscales et désormais la redevance télévisuelle – que Gérald Darmanin le ministre des Comptes Publics suggère de supprimer. 

Les responsables politiques de tous bords se saisissent avec volupté de ces sujets parce qu’il y a effectivement un ras le bol fiscal des ménages mais aussi parce qu’ils les maîtrisent sur le bout des doigts et qu’ils ont l’impression, en bougeant ces curseurs, de peser vraiment sur le cours des choses. 

Et pourtant, la plus belle politique fiscale du monde elle aussi ne peut donner que ce qu’elle a. S’il est nécessaire -effectivement- de diminuer la pression fiscale, le pouvoir d’achat des Français ne se résume pas à elle, surtout quand un pays comme le nôtre affiche le déficit public le plus important en Europe. Le pouvoir d’achat, ce sont les revenus, et les revenus ce sont d’abord les entreprises qui les versent. 

On en revient à la question : pourquoi avons-nous un taux de chômage aussi élevé et pourquoi les entreprises ne versent-elles pas des salaires plus élevés – et la réponse n’est pas, pour l’immense majorité d’entre elles, parce qu’elles versent des gros dividendes à leurs actionnaires. Parler de fiscalité est un pêché mignon des journalistes économiques et des politiques, le reste sera aussi important dans ce qui va remonter du grand débat. 

Et par exemple ? Il y aura des demandes sur le train de vie des anciens responsables politiques et il faudra que cela soit traité. Et il y aura sans doute des attentes sur une plus grande simplicité, une moins grande complexité des règles, des démarches. Tout le monde va regarder ce qui se dit sur le 80 km/heure, mais l’excès des normes et leur instabilité est général dans la vie économique et la vie tout court. Le problème est que les responsables politiques sont beaucoup moins allants sur ces sujets qui semblent à tort rébarbatifs alors que simplifier des règles ne coûte a priori rien.

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter
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