La Chine fournit des masques. Nous utilisons tous en ce moment des outils américains de communication. L'Europe a un rendez-vous à honorer : sur les traitements médicamenteux.

Covid-19 : la solution médicamenteuse pourrait-elle venir de l'Europe ?
Covid-19 : la solution médicamenteuse pourrait-elle venir de l'Europe ? © Getty / Nenov

Dans cette gigantesque bataille contre ce virus, l’Europe, on l’espère, va être au rendez-vous et relever le gant sur le plan scientifique. Pour les malades comme pour les bien-portants, ce serait bien si le vieux continent apportait au monde les traitements. Nous ne sommes pas engagés dans une course puérile et nationaliste, mais l’Europe a une contribution à apporter. 

Car que voit-on ? 

Aujourd’hui, pour résumer à gros traits, la Chine fournit des masques au monde entier et les Etats-Unis ont inventé les outils de communication qui nous servent à tous pendant ce long confinement : Skype, Zoom, Instagram, Facebook, Twitter etc. 

Evidemment, la bataille est planétaire : la revue Nature a recensé 900 articles et prépublications sur le virus à l'échelle mondiale entre février et mars. C’est énorme. Mais l’Europe n’est pas naine dans versant-là de la lutte contre la pandémie. 

Des essais cliniques ont été lancés sur tout le continent, c’est le projet Discovery. 3 000 patients doivent y participer, 500 ont déjà été recrutés en France. Rien qu’en France, une quinzaine de centres hospitaliers participent à des essais cliniques officiels. On connait aussi l’engouement (et les réticences) que suscitent les travaux de professeur Didier Raoult à Marseille. 

Les grands groupes pharmaceutiques européens (Sanofi, Novartis, Roche), l’Institut Pasteur et des dizaines de laboratoires sont sur le pont, avec beaucoup de molécules en test : l'antiviral remdesivir, les anti-VIH lopinavir et ritonavir, la désormais fameuse hydro-xychloroquine, les inhibiteurs IL-6 qui améliorent les immunités, l’utilisation du plasma de patients guéris etc. etc. 

Bref, l’Europe est là, même si hélas, les biotechs sont plutôt aux Etats-Unis.

D'accord, mais à quand des résultats ?

On attendait des premiers éléments de l’étude Discovery le week-end dernier, manifestement il faudra attendre plusieurs semaines. Pourquoi ? Pour l’instant, aucun traitement n’a donné de résultat spectaculaire en dix jours, a indiqué Olivier Véran hier. Ce n’est pas étonnant, si un traitement était évident, la Chine l’aurait utilisé. "Les éléments qui remontent des hôpitaux ne montrent pas d'effet statistiquement significatif de l'une ou l'autre des molécules", pour le ministre de la Santé.

Mais on croise les doigts pour que des bonnes nouvelles arrivent vite, et si elles venaient d’Europe, ce serait encore mieux.

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