Zoom sur une entreprise française qui annonce une belle opération de rachat international.

Il s'agit de CMA-CGM, troisième armateur mondial, qui avec ses bateaux transporte des marchandises sur toutes les mers du globe. L'entreprise va reprendre un de ses gros concurrents singapourien. Cela veut dire que dans l'économie mondiale, il n'y a pas que le CAC40 qui gagne. CMA-CGM n'est pas hyper connue, mais on en entend parler de temps en temps parce qu'elle lance des porte-conteneurs de plus en plus grand. La dernière fois, François Hollande et le président chinois lui-même était venus pour inaugurer le Bougainville, un bateau de 400 mètres de long (cinq Airbus A380 à la queue leu leu), qui transporte 18.000 conteneurs. Avec ce rachat, l'entreprise sera leader sur les lignes Asie-Pacifique et pas seulement Europe-Asie. Au total, elle fera naviguer 553 navires partout, qui livreront tout ce que consomme le monde.

Cette opération est intéressante aussi par ce qu'elle dit de la mondialisation.

Oui, il fallait grossir parce que le commerce mondial progresse moins vite, que du coup les prix du transport baissent et que les marges sont plus riquiqui. A cause de la Chine qui ralentit et exporte moins et des Etats-Unis qui ont relocalisé certaines activités. A cause de la récession au Brésil ou en Russie. A cause de beaucoup de pays qui élèvent des barrières douanières plus ou moins discrètes. Au fond, une phase, celle des échanges et de la mondialisation en croissance permanente, est finie. Elle aura duré vingt-cinq ans, depuis 1990, et aura accompagné le réveil totalement inédit de la Chine. On verra s'il y a une démondialisation.

Mais un autre point vous frappe…

Il a des résonances dans l'actualité politique. CMA-CGM a été créée par un Français d'origine libanaise, arrivé ici en 1978 – un immigré donc. Il est de plain-pied dans la mondialisation – on l'a dit. Et son entreprise a son siège à Marseille, ville où elle est le premier employeur privé. Vous le voyez, rien, nulle part, n'est perdu.

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