La Banque centrale européenne tient aujourd’hui sa réunion mensuelle.

Grâce aux taux d'intérêts autour de 0 de la BCE, l'Etat a pu réaliser des économies
Grâce aux taux d'intérêts autour de 0 de la BCE, l'Etat a pu réaliser des économies © Getty / RichVintage

Oui, et si personne n’attend de modification de ses taux d’intérêt qui sont autour de zéro %, elle devrait poursuivre sa politique de soutien actif à la croissance européenne avec ce qu’on appelle le QE – en clair, des achats d’actifs financiers. Mais le point intéressant je crois est que des économistes ont mesuré les effets pour la France des taux d’intérêt très bas que nous avons depuis dix ans -depuis 2008. Travail publié hier. Qui a gagné ? Qui a perdu ? Eh bien, le grand gagnant, c’est le Budget de l’Etat. Si les taux d’intérêt étaient restés au même niveau qu’en 2007, c’est-à-dire supérieurs à 4%, l’Etat aurait dépensé au moins 150 milliards d’euros de plus pour le paiement de son énorme dette. Il a donc économisé au moins 150 milliards d’euros. Quand on pense que la mode il y a quelques années était de tomber à bras raccourcis sur la Banque centrale européenne et la finance, on sourit. D’une certaine manière, la finance internationale a du bon. Mais le mauvais côté des choses est que les déficits publics sont devenus indolores, la pompe à morphine fonctionne à plein. Et Sarkozy comme Hollande ont tenu la seringue.

Et les perdants ?

Les perdants, ce sont les banques qui, avec les assureurs, ont renoncé à 100 milliards d’euros. Des taux d’intérêt qui diminuent, ce sont des marges qui s’aplatissent. C’est la raison pour laquelle elles se rattrapent sur les commissions. J’ai régulé la finance, a assuré François Hollande dans son allocation de renonciation jeudi dernier. Utiliser la première personne du singulier, j’ai, est … singulier parce que si la finance souffre (un peu), c’est à cause du contexte international et de réglementations durcies. Mais il a raison sur le constat. Enfin, du côté des ménages, il y a des gagnants, les emprunteurs immobiliers mais aussi des perdants, ceux qui détiennent des placements qui ne rapportent plus rien.

Les taux vont-ils rester bas ?

Structurellement, oui, parce que les populations vieillissantes des pays riches comme les jeunes Chinois épargnent beaucoup – donc il y a de l’argent à prêter. La croissance consomme aussi moins de capital, par exemple sur le numérique. Mais çà c’est un raisonnement global qui n’écarte pas le risque de coup de chaud ici ou là sur les pays mal gérés.

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