Le Bitcoin, cette nouvelle monnaie électronique, va de record en record, est-ce une folie ?

Oui, c’est une folie, mais une folie qui a peut-être un sens caché. C’est une folie parce que l’on assiste à une spéculation invraisemblable sur une monnaie qui ne valait rien à sa création en 2009 et dont le cours a dépassé les 16.000 dollars hier avec une accélération digne des 24 heures du Mans ces derniers jours. 

On peut être honnête sans être ridicule : le Bitcoin, il est difficile de comprendre de quoi il s’agit, sauf si on se contente de dire que c’est une monnaie électronique créée à intervalles réguliers par un algorithme (un code source) lui-même amélioré par les internautes et qui s’appuie sur la blockchain. 

C’est clair ? Non ? L’essentiel est de retenir que ce n’est pas une monnaie étatique, elle est créée en quantité limitée. La meilleure comparaison, c’est Wikipédia, un système géré de façon décentralisé qui pense s’améliorer sans cesse sans autorité supérieure. Pour être concret, vous pouvez acheter des bitcoins sur votre ordinateur et ils seront acceptés dans quelques endroits – peu à la vérité. 

En réalité, c’est de la spéculation effrénée, et comme toujours il y a des gagnants (en milliards) et des gogos qui vont perdre leur chemise. Il y a aussi du people : les frères américains Winklevoss, qui disputent à Mark Zuckerberg l’invention de Facebook, sont milliardaires en bitcoins. 

Le plus troublant qui peut se passer ces prochaines heures est que des financiers qui ont pignon sur rue montent dans le bateau et que la machine s'emballe encore. D’éminents prix Nobel ont mis en garde contre cette bulle qui peut ausi éclater.

Mais vous dites aussi qu'il y a un sens caché à cette histoire

Le sens caché est qu’Internet, qui bouleverse tous les secteurs les uns après les autres (la musique, l’information, le commerce etc.), permet de concurrencer les Etats sur (j’allais dire) leur coeur de métier, la création monétaire. Une monnaie de citoyens, sans politique, sans banque centrale, sans contrainte, sans frontière, libre – voilà la promesse au-delà de la spéculation. Voilà la formulation (la reconstruction) intellectuelle de cette monnaie. 

En réalité, c’est (pour l’instant) du pipeau. Non pas parce qu’il n’y aura jamais de monnaie de ce type qui marcheront : il y en aura. Mais une monnaie qui peut enrichir et peut ruiner des personnes ne peut pas être durablement créée et gérée par des formules de calcul anonymes, irresponsables et sans lien avec toute réalité économique. Sauf à voir le rôle marginal de l’or et sauf à croire à la main invisible du marché monétaire, qui est aussi peu crédible que les autres.

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