Les partis grecs valideront peut-être aujourd’hui un plan d’austérité, condition pour de nouvelles aides. Mais certains analystes évaluent à 50% la possibilité qu’Athènes quitte l’euro. Qui croire ? La grande banque américaine Citigroup dit une chance sur deux d’ici la mi-2013. Je crois que oui, la Grèce peut quitter l’euro, malgré cet accord possible – reporté de jour en jour - sur ce nouveau tour de vis sur les salaires, les dépenses publiques, les retraites. On voit bien que la stratégie mise en place depuis le printemps 2010 ne marche pas. Cela fait trois ou quatre ans que la récession est installée, avec un cercle vicieux : pas de croissance, du chômage, de la pauvreté, pas de recettes fiscales, davantage de déficits et de dettes.Et pourtant, l’Europe n’a pas laissé tomber la Grèce... C’est cela qui fait dire que la situation est dans une impasse. Car c’est vrai, la communauté internationale, pourtant exaspérée, n’a pas lâché Athènes. Premier plan d’aide = 110 milliards d’euros de prêts. Plus de la moitié sont déjà versés. Deuxième plan d’aide, si l’accord se confirme = 130 milliards. Les banques privées, elles, vont effacer plus de 100 milliards d’euros – et çà ce ne sont pas des prêts, c’est moins d’argent pour l’économie européenne. Avec la Banque centrale européenne, au total, environ 350 milliards d’euros sont mis sur la table d’une façon ou d’une autre.Qui est responsable, alors ? C’est clair désormais. Les Européens ont été trop exigeants au début, croyant que le redressement était possible rapidement. En réalité, le pays n’aurait jamais dû rentrer dans l’euro, qui a permis une fuite en avant. En Grèce, le salaire minimum est supérieur à ceux de l’Espagne et du Portugal, avec une productivité plus faible ! Selon les chiffres de la BCE, le salaire des fonctionnaires a augmenté en dix ans de 117%. La population n’y peut pas grand-chose, mais - disons les choses crûment -, un pays entier a mis la main dans la confiture et s’est barbouillé avec. Cela étant, la punition n'est pas une solution.La solution, c’est la sortie de l’euro ? Le risque, c’est que l’on aille de plan d’aide en plan d’aide alors que l'endettement reste insoutenable. Il y a deux solutions. Effacer carrément les dettes, mais pourquoi les Espagnols, les Allemands, les Français, les Slovaques paieraient-ils plus ? Et il y a la sortie de l'euro. Paris, Berlin et Bruxelles l'excluent. Mais le premier ministre néerlandais l'a envisagé hier (une première). Et c’est vrai que les banques sont moins « chargées » en titres grecs qu’auparavant, que la BCE assurent leur liquidité et que le risque de contagion est peut-être plus faible. Ce serait terrible pour les Grecs ; mais ce sera peut-être la solution à la fin des fins. Si le sujet prêtait à la plaisanterie, je dirais que la meilleure preuve du sérieux de cette hypothèse est que José Manuel Barroso, président de la Commission, la dément fermement. Mais je ne veux pas plaisanter – donc je retire cette phrase.

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