Ce matin, vous commentez les chiffres du commerce extérieur publiés hier.

Oui, le déficit commercial de la France, c’est-à-dire le solde entre les marchandises qu’elle importe et qu’elle exporte, s’est élevé à près de 50 milliards d’euros l’an dernier. C’est un mauvais chiffre mais qui est intéressant parce qu’il éclaire deux débats de la présidentielle. Le premier porte sur l’euro. L’euro tue-t-il notre compétitivité, comme le disent le Front National et d’autres ? En réalité, plus des deux tiers de notre déficit commercial ont lieu avec les pays de la zone euro, qui ont la même monnaie que nous. On ne peut pas dire qu’ils manipulent leur taux de change. Donc, l’argument est pour l’essentiel faux. Mais là où il est un peu vrai, c’est que d’autres pays, comme l’Allemagne, réalisent des gains de productivité supérieurs aux nôtres et que l’euro est du coup un peu surévalué pour nous. Mais il ne tient qu’à nous de monter nos produits en gamme ou d’alléger nos coûts. Autrefois, la France réglait ce problème par une petite dévaluation de temps en temps. Le hic, c’est que cela renchérissait les produits importés et pesait sur le pouvoir d’achat. Aujourd’hui, une formule de l’économiste Patrick Artus résume notre problème : nous vendons des produits espagnols aux prix allemands.

Le chiffre d’hier éclaire un deuxième débat.

Oui, sur le protectionnisme. Notre premier déficit commercial bilatéral, et de très loin, se constate avec la Chine. Il dépasse les 30 milliards d’euros. C’est beaucoup. Nous importons pour 46 milliards d’euros de vêtements, de produits tech, d’électroménager, etc. qui arrivent par container de Chine. La France exporte là-bas pour 16 milliards d’euros. L’ampleur du déficit impose de vérifier précisément si les règles d’accès au marché chinois sont équilibrées. Et de prendre si nécessaire des dispositions de protections. Le problème est que l’Allemagne, elle, n’a … pas de problème pour exporter en Chine. Elle vend des produits allemands aux prix allemands.

Enfin, un hommage...

Les entreprises et leurs salariés ont exporté l’an dernier pour 453 milliards d’euros de marchandises aux 4 coins du monde, dans toutes les langues. On cite toujours le solde commercial, mais saluons le travail quotidien de tous ceux qui font que la France est un pays ouvert et doit le rester.

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