le cinéma français en pleine tempête
le cinéma français en pleine tempête © reuters
**Le gouvernement [recevra aujourd’hui un rapport sur la santé économique du cinéma français](http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/medias/actu/0203226637255-les-pistes-pour-sauver-le-cinema-francais-641159.php). Et il n’est pas bon.** Oui, je ne sais pas si vous vous souvenez de la polémique qui a eu lieu il y a un an, quand, en pleine affaire Depardieu, [un producteur, Vincent Maraval, avait publié un article pour dire que le vrai sujet, pour lui, était que le cinéma français allait mal, notamment parce que les acteurs français sont trop payés. ](http://www.lemonde.fr/a-la-une/article/2012/12/28/les-acteurs-francais-sont-trop-payes_1811151_3208.html)Émoi, scandale, débat. Eh bien, un rapport dit la même chose, quasiment mot pour mot. Le 7ième art est malade et il va dans le mur si on ne fait rien. Et les vedettes sont trop payées. L’auteur, René Bonnell, n’est pas n’importe qui : c’est un ancien dirigeant de Gaumont et un ancien Monsieur cinéma de Canal+. Sa conclusion est que le cinéma n’est pas rentable. A première vue, cela surprend. Certains films sont très rentables. "La vie d’Adèle" d’Abdellatif Kechiche n’a coûté que 4 millions d’euros, c’est un gros succès en salles. Pas de problème non plus pour "Les Profs" ou "Les garçons et Guillaume à table !" A l’inverse, on connaît les gros bouillons. "Le Premier homme", avec Denis Podalydès, a coûté 10 millions d’euros pour moins de 40.000 spectateurs, aie ! Tout cela, on le sait. Mais ce qu’on apprend, c’est que globalement la différence entre les coûts de production et les recettes des centaines de films tournés en France atteint bon an mal an plusieurs centaines de millions d’euros. **J’ai envie de dire, et alors ? C’est une activité privée…** Pas d’accord ! Pour deux raisons. La première est que ce n’est pas une activité totalement privée. La majeure partie de ce déficit global est comblé par des aides publiques de toutes sortes - avances sur recettes, obligation d’investissement des chaînes privées, aides variées. Quand France Télévision coproduit un film qui fait un « bide », c’est indirectement le contribuable qui signe le chèque. **Et la seconde raison, Dominique ?** Le problème, décrit le rapport, est que les coûts de production ont flambé et notamment -on y vient- les cachets des stars. Les chaînes de télévision préfinancent les films et disent oui à des cachets exorbitants pour avoir les meilleurs acteurs qui feront de l’audience et qui font donc la loi. Exemple : Dany Boon a touché 3,5 millions pour la comédie "Eyjafjallajökull" (Eya-fiat-layo-kutt) – je demande à André et vous Patrick de le reredire - sur un budget de 20 millions mais avec moins de deux millions de spectateurs. Autant dire que TF1 et Canal ne reverront pas les 11 millions qu’ils ont mis sur la table. Le rapport reste pudique mais la plupart des acteurs français sont concernés. Bref, le système part à la dérive, il faut faire moins de films, resserrer les coûts et revoir bien des règles. Voilà la conclusion. **Mais vous avez un post-scriptum !** Il y a quelque chose d’étrange à voir que tout le monde parle des salaires des dirigeants d’entreprise - parfois à raison si on veut – mais que personne ne met jamais en cause ceux des stars du cinéma qui, eux, menacent l’avenir d’une activité économique toute entière et en partie sur fonds publics. ## Les liens [Le blog de Dominique Seux](http://blogs.lesechos.fr/dominique-seux/dominique-seux-r59.html)
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