Une question toute simple ce matin : comment vont évoluer cette année les prix des carburants ?

Le premier rappel est que les taxes qui devaient augmenter le 1er janvier n’ont pas augmenté, le gouvernement a renoncé à 4 milliards d’euros de recettes nouvelles. Le second rappel est que les prix des carburants ont nettement descendu l’escalier depuis les pics de l’automne, non pas parce que les Gilets Jaunes l’ont demandé, mais parce que le cours du pétrole a perdu 40%. Le bilan hebdomadaire publié hier soir indique que le prix du gazole a reculé la semaine dernière, il est à près d’1 euro 38 le litre, soit 16 centimes en dessous du record d’octobre. Le super 95 a flanché aussi de 16 centimes. Dans les deux cas, l’enseignement est que les carburants sont moins chers qu’il y a un an. C’est ironique quand on se souvient que cela a été le point de départ du mouvement social qui mobilise la France et a bloqué une partie de l’activité économique depuis cinquante jours. Ironique, le mot est faible. Mieux encore : Si la taxe Hulot avait été appliqué comme prévu au 1er janvier, le prix du gazole serait au même niveau qu’au printemps dernier, quand personne n’en parlait ! Quelle histoire quand même … Tout cela plaide quand même pour un système souple et encadré comme celui que l’on a connu sous la formule de Tipp flottante. Comment les prix peuvent-ils évoluer ? Ces tous derniers jours, le pétrole est remonté de quelques dollars, mais les analystes s’attendent à ce que cela n’aille pas très haut. Pourquoi ? En raison du ralentissement économique mondial et de l’abondance de pétrole. Les Etats-Unis en sont devenus le 1er producteur mondial, devant l’Arabie Saoudite et la Russie grâce ou à cause du pétrole de schiste.

Mais il y a une bonne nouvelle.

La consommation de carburants en France n’a pas progressé l’an dernier, et elle est stable depuis plus de quinze ans, juste au-dessus de 50 millions de m3. C’est une bonne nouvelle si on sait que par ailleurs, le nombre de véhicules a augmenté (nous sommes plus nombreux), qu’il y a eu de la croissance, qu’il y a de nouveaux modes de consommation (Amazon). Cela veut dire que les véhicules consomment moins, nettement moins. Et dégagent chacun moins de CO2. Mais ce n’est pas une bonne nouvelle du point de vue de la planète qui se moque totalement de cela. Elle ne regarde que la consommation globale qui, elle, n’a pas baissé. Donc, il faut rouler différemment -à l’électrique- ou moins rouler tout court.

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter
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