Le nouveau commissaire européen français, Thierry Breton, dévoile aujourd’hui ses priorités dans une interview aux Echos.

Le nouveau commissaire européen, Thierry Breton lors d’une audition devant le Parlement européen, Bruxelles, novembre 2019
Le nouveau commissaire européen, Thierry Breton lors d’une audition devant le Parlement européen, Bruxelles, novembre 2019 © AFP / JOHN THYS

Thierry Breton est le commissaire au Marché Intérieur. Le Marché Intérieur, c’est le cœur historique de l’Europe de 1957 : la libre-circulation des marchandises et les normes (et pas seulement la taille des chasses d’eau et des bananes). Mais c’est aussi un portefeuille très moderne : l’industrie, le numérique, l’espace et la défense. Pourquoi dit-on très moderne ? Parce qu'il est assez nouveau de considérer, en Europe, qu’il faut une politique européenne de l’industrie et de la défense par exemple. 

La France souhaitait avoir un œil sur la défense, sujet de souveraineté par excellence. 

Alors, quelles priorités ? 

Thierry Breton a un discours très clair en direction des Américains et des Chinois : pour faire des affaires en Europe, il faut respecter les règles européennes, c'est donc la fin de l'Europe naïve. Cela concerne les GAFA et le numérique d’une manière générale, avec au passage un discours plutôt optimiste (et inhabituel) sur les chances de l’Europe de rester dans la course digitale, surtout dans le monde industriel. 

Dans ce domaine, la priorité du commissaire sera que l’Europe puisse absorber, traiter et protéger les 35.000 milliards de milliards de données actuelles – on dit 35 zettabits pour faire choc. Le mot de démantèlement des GAFA si nécessaire ne lui fait pas peur. 

Côté industrie maintenant, Thierry Breton est en revanche prudent sur la constitution de champions européens – on sait que les Allemands n’en sont pas fanatiques. 

Quel pouvoir a-t-il ? 

Bonne question ! Chaque pays a forcément tendance à penser que son commissaire va être très important et faire la pluie et le beau temps à Bruxelles. 

En fait, il y en a vingt-sept et peu d’Européens connaissaient le nom de la prédécesseure de Thierry Breton au Marché intérieur, la polonaise Elżbieta Bieńkowska. 

Naturellement, le poids des pays compte, l’actualité aussi, mais ce qu'il faut réaliser c'est que ce sont les personnalités qui font au final la différence. La danoise Margrethe Vestager est ainsi devenue populaire dans toute l’Europe au poste de la concurrence avec ses combats contre Google et Apple. Du coup, elle a rempilé et est actuellement numéro deux de la commission où elle s’occupera aussi de numérique - aie. Conclusion : Thierry Breton devra trouver deux trois dossiers phares qu’il veut faire avancer pour marquer son empreinte.

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