L’édito éco de Dominique Seux, du journal « Les Echos »

Pas de débat aujourd’hui, en l’absence de l’ami Bernard Maris. Alors, Dominique, c’est l’occasion de faire un bilan de l’année qui se termine. Que retenir, sur le plan économique, des dix mois écoulés ?

Comme vous êtes, Patrick, le chef d’orchestre (le patron) de cette matinale et que vous allez arrêter de vous lever à 3 heures du matin pendant quelques semaines, c’est le moment du bilan d’année. Au terme de cette folle saison, que garder en économie ? C’est peut-être en priorité, même si on en a pas parlé tous les jours, l’omniprésence nouvelle de l’Asie. Je ne parle pas du tsunami au Japon. Mais c’est sur l’Asie, sa fringale de matières premières, de biens de consommations, que s’est assise la reprise de l’économie mondiale après le choc de 2008. C’est une compagnie aérienne low cost malaisienne qui a effectué ces jours-ci une des plus grosses commandes de l’histoire – 200 Airbus. C’est en Chine que des usines s’ouvrent, que les revendications salariales apparaissent et c’est Pékin qui a fait échoué le sommet du G20 à Séoul (Corée). Pékin en Afrique, Pékin en Amérique latine, les dirigeants chinois sillonnent la planète et, sur le plan politique, ont leur avis, désormais, sur ce qu’il faut faire en Libye. Donc, oui, l’Asie.

En face de cela, le Vieux monde est-il vraiment « vieux » ?

C’est en tous cas un peu l’impression qu’il a donné cette année – même s’il concentre l’essentiel de la richesse mondiale. Ce qui frappe en ce qui concerne les Etats-Unis est leur difficulté, cette fois-ci, à se relancer du bon pied. Après d’autres crises, à chaque fois, leur économie était repartie en fanfare. Cette fois, elle donne l’impression d’être engluée, avec un taux de chômage très élevé. On pourrait être tenté de voir un symbole de cette période de doute dans la fin de l’aventure des navettes spatiales (avec un dernier décollage d’Atlantis aujourd’hui). Mais là, ce serait erroné : la capacité d’innovation américaine reste entière, comme en témoigne le succès planétaire de Facebook, près de 700 millions d’ « amis » déclarés, ou de Twitter.

L’Europe, elle, a quelque chose de désespérant : elle est apparue cette année engluée dans la crise de la dette, en Irlande, en Grèce et au Portugal. Mais plus ennuyeux encore, les grandes économies, Allemagne, France et Royaume-Uni, n’avancent ni au même rythme ni dans la même direction.

Voilà pour le bilan de l’économie – et votre bilan à vous ?

Vaste sujet ! Sur 197 éditoriaux à ce micro depuis la rentrée, on trouve sans difficulté un certain nombre d’erreurs. J’ai émis l’hypothèse, au printemps, que la flambée du prix du pétrole allait se poursuivre et que l’essence sans plomb toucherait rapidement les deux euros le litre. Perdu ! Sur un sujet plus sérieux, j’ai constamment cru que les gouvernances et les régulations économiques mondiale et européenne progresseraient plus qu’elle ne l’ont fait. Perdu aussi, en tout cas pour ce qui est le plus visible ! En revanche, quelques jours avant qu’éclate l’affaire « DSK », j’ai avancé l’idée que Christine Lagarde ferait une bonne directrice du FMI. Il n’est pas interdit d’avoir de la chance. Je n’ai guère eu de doute non plus sur le fait que la réforme des retraites irait à son terme. Deux erreurs, deux paris gagnés, au Bac, j’aurais la moyenne. Mais, ici, ce sont les auditeurs qui décident !

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