Les Rencontres économiques d’Aix-en-Provence ont eu lieu ce week-end. Que retenir de ce mini-Davos français ? Deux choses.

En conférence lors des rencontres économiques d'Aix-en-Provence, en 2014
En conférence lors des rencontres économiques d'Aix-en-Provence, en 2014 © AFP / PHOTOPQR/LA PROVENCE

Disons d’abord ce que sont ces Rencontres économiques d'Aix

Chaque année, depuis bientôt 20 ans, des milliers de personnes viennent débattre là avec plusieurs centaines de chefs d’entreprise (une partie du CAC 40 est là), des économistes, des syndicalistes et une pincée de politiques (cette année : Yannick Jadot, Bruno Le Maire, la présidente de la CDU allemande et l'Insoumise Clémentine Autain). 

L’événement est organisé par une trentaine d’économistes autour de Jean-Hervé Lorenzi, il y a par exemple Laurence Boone, la chef économiste de l’OCDE, Benoît Coeuré, de la Banque centrale européenne, Philippe Aghion, Patrick Artus etc. Bon, voilà pour le people.  

Le premier point : les milieux économiques s’inquiètent d’une sorte de fracture troublante avec les plus jeunes

Sur le fond, ce qui est intéressant est que les sujets sur la table n’étaient pas tellement la politique d’Emmanuel Macron, la croissance, l’avenir de l’Europe, les risques de krach financier – qui sont réels. Il y avait des inquiétudes sur les populismes, la contestation du modèle libéral, les moyens de lutter contre le réchauffement climatique, les difficultés de construire un projet franco-allemand... 

Mais au-delà, ce qui était frappant était le sentiment, et en réalité la certitude, dans ces « élites » économiques (entre guillemets) que les plus jeunes veulent autre chose. Les économistes parlaient de leurs étudiants, il y en avait là, les patrons se disent scotchés (le mot est fort) par ce que leur disent leurs enfants

Sur le climat mais aussi sur le progrès, la technologie, parfois le libre-échange et plus globalement le rapport au travail et les valeurs. Ce n’est pas nécessairement une contestation idéologique, mais philosophique, de la part de ceux qui seront encore là en 2050 – ce qui ne sera pas le cas de tous ceux qui sont aux manettes aujourd’hui.  

Le second point : un Cercle des économistes qui assume des positions nouvelles

Il demande au gouvernement de dialoguer beaucoup plus avec les syndicats sur les retraites et l’assurance-chômage, il défend l’idée d’un plan de relance anti-réchauffement climatique au niveau européen en profitant de la baisse des taux d’intérêt. Il souhaite aussi le démantèlement des GAFA, les géants du numérique. Il se montre peu favorable enfin au traité commercial Europe-Mercosur – ce qui est le plus surprenant au fond. 

Conclusion

Nous vivons une époque épique et piquante y compris sur les idées économiques.

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter
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