L’Insee affirme ce matin que la consommation est désormais proche de son niveau normal. Un rebond de + 19% est espéré pour le troisième trimestre.

L'Insee confirme la remontée de l'économie : une bonne nouvelle ?
L'Insee confirme la remontée de l'économie : une bonne nouvelle ? © Getty / Andrea Pistolesi

C’est une bonne nouvelle : le pire est derrière nous, et chaque jour qui passe est un peu meilleur. L’économie a plongé comme jamais en temps en paix pendant deux mois, cela fait d’énormes dégâts, mais cette économie se rapproche de la surface. 

L’indicateur le plus intéressant concerne en réalité la consommation : selon l’Insee, elle se situait en juin à 3% en dessous de la normale - avec un peu de chance elle continue de monter en juillet. Cela veut dire qu’en dehors des trois secteurs sinistrés, l’aérien, la culture et l’hôtellerie, le reste est revenu à la normale. En revanche, la construction reste à la traîne.

Alors et pour la suite ?

L’Insee anticipe un rebond de 19% de l’économie au troisième trimestre (après une chute de 5,3% puis de 17% aux premier et deuxième trimestre) et estime qu’à la fin de l’année, l’activité sera quelque part entre -1 et -6% de son niveau d’avant-Covid - avec un scénario central à -4%. 

L’analyse que l’on peut en faire est là encore que la catastrophe devrait pour l’essentiel être sectorielle parce que la machine n’est globalement pas cassée. 

Avec ce scénario, l’Insee anticipe une récession moyenne sur l’année (-9%) un peu moins élevée que ne le prévoit le gouvernement, la Commission européenne (dont les prévisions d'hier ne tiennent manifestement pas compte des dernières informations de l'Insee). Après tout, c’est cet organisme-l, l'Insee,à qui dispose le plus de données de terrain. 

Bien évidemment, une reprise de l’épidémie après l’été changerait tout et bien évidemment il n’y a pas non plus de quoi sauter au plafond : la situation reste très difficile, ce sont des nuances de gris dont on parle, ni de rose, ni de ciel bleu. 

"L’ordre de grandeur de la baisse du PIB en 2020 pourrait être d’une dizaine de points, voire un peu moins, souligne le patron de l'Insee., Jean-Luc Tavernier. Mais il est absurde de dire que l’on serait de ce fait revenu dix ans en arrière. Car cette baisse en moyenne annuelle est bien entendu liée principalement à la chute connue pendant les mois de confinement. Si l’économie n’en sort pas indemne, il est probable qu’elle reviendra dans les mois à venir à un niveau plus proche de celui qui prévalait avant le confinement. Les indicateurs que nous commentons aujourd’hui confirment la solidité de la consommation depuis la mi-mai et une reprise significative dans tous les secteurs autres que ceux, tels le transport aérien ou les spectacles, qui sont encore contraints par les mesures de prévention de la pandémie",

Qu’est-ce que ce scénario dit sur la politique de relance ?

Elle dit que le gouvernement a probablement eu raison d’attendre un peu pour faire un plan global de relance – attendre de voir ce qui se passe pour ne pas gaspiller les fonds publics. La priorité, ce sont les secteurs sinistrés, la façon dont les chômeurs partiels sortiront de dessous ce parapluie et l’essentiel, c’est aussi un plan pour les jeunes.

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter
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