C’est la question débattue avec passion depuis vendredi dans le petit monde des grandes écoles, de l’enseignement supérieur, et des anciens élèves de l’X - comme on dit. Vendredi, le rapport critique mais constructif d’un ancien patron d’Air France, Bernard Attali, a été publié. C’est Manuel Valls qui le lui avait commandé. Samedi, Jean-Yves Le Drian, le ministre de la Défense, a confirmé qu’il y aurait une réforme ; il l’a fait devant 1.000 polytechniciens réunis à l’école, sur le plateau de Saclay en région parisienne. Rien n’est tout à fait décidé, mais la direction est claire. Le double objectif, qui concerne, vous allez voir, l’économie, c’est d’assurer une meilleure ouverture sociale à l’Ecole, et d’améliorer sa réputation internationale vis-à-vis des milieux économiques. Et c’est peut-être la première chose à retenir : l’X ne va pas aussi bien que les Français le croient. C’est le temple de l’élite, mais il y a des problèmes à résoudre. Rien de très grave, mais quand même.

Alors, je vous pose la question : quels problèmes ?

Le premier : le manque de visibilité internationale de Polytechnique, connu de tous les Français mais peu en fait de l’opinion mondiale. Alors que Harvard, Cambridge, Stanford, le MIT, etc. le sont. L’X est une école d’ingénieur bizarroïde, à la fois militaire et civile, petite en taille et finalement peu ouverte à l’économie alors que la plupart des élèves travailleront en entreprise. Résultat : dans le classement de Shanghai, l’X arrive après la 300ème place alors que les autres citées sont dans les dix premières. Deuxième particularité, 1% seulement des élèves sont enfants d’ouvriers – 70% sont enfants de professions intellectuelles. Enfin, problème qui tient à cœur à l’éditorialiste économique, 3% des élèves seulement deviennent entrepreneurs à la fin de leurs études et aucun cours n’est en anglais au moins les deux premières années !

Quelles sont les solutions sur la table ?

Alors, il y a de tout, dues faciles et d’autres plus difficiles voire discutables. Ce que tout le monde a retenu, c’est l’idée de regrouper sous un même toit une dizaine de grandes écoles d’ingénieurs (CentraleSupélec, les Ponts, les Mines de Paris etc.) qui s’appelleraient ensemble l’Ecole Polytechnique de Paris. Un ensemble de 15.000 étudiants. Pourquoi pas, mais aussi pourquoi faire ? Cela mériterait d’être précisé. Ensuite, on parle de rendre accessible l’X dès après le Bac, sans « prépa ». Là, tollé général – mais c’est ce que fait Sciences Po ! Enfin, il y a l’idée d’augmenter de supprimer le classement de sortie. Bref, le débat ne fait que commencer. Mais l’Etat fait attention de ne pas allumer l’allumette qui mettrait le feu à ce petit monde : il ne propose pas d’augmenter le nombre de places au concours d’entrée. Il était de 250 il y a ... cent ans, il est de 400 aujourd’hui, alors que le nombre d’étudiants en France a explosé. Mais ça, cela aurait été trop.

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