Après avoir lancé le débat sur les aides sociales, Bruno Le Maire a rouvert celui sur les taux réduits de TVA hier…

Et le ministre des Finances y est allé franco devant les députés. On ne pourra pas économiser 5 milliards sur les aides aux entreprises – c’est l’objectif - sans faire le ménage dans les taux réduits de TVA, a-t-il dit en substance. Alors rien n’est arrêté, précise-t-on à Bercy, la balle est dans le camp des parlementaires qui vont évaluer ce qui est efficace, et ce qui ne l’est pas. Logique macronienne, donc. Mais les dés sont un peu pipés parce que des évaluations sur la TVA restauration ou sur les travaux, on en a déjà, et elles sont assez édifiantes. Relisons les rapports de la Cour des comptes : le passage à 5,5% de la TVA dans la restauration en 2009 a coûté près de 3 milliards, créé moins de 10.000 emplois et seule 20% de la baisse a été répercutée sur les prix. Même chose pour les travaux dans les logements, le Trésor avait chiffré à 160.000 euros le coût par emploi créé. Et encore, on ne sait pas distinguer ce qui relève de la régularisation du travail au noir des vraies créations. Dernier élément à charge : ces taux réduits bénéficient très majoritairement aux plus riches.

Les jeux seraient donc déjà faits, la TVA va augmenter

Oui sauf que les mêmes rapports ont de quoi alerter le gouvernement. Quand la TVA baisse, les prix bougent peu. Mais quand on la relève, ils grimpent quatre fois plus vite. C’est ce qui s’est produit quand les taux réduits sont repassés à 7% en 2012 puis 10% en 2014. De quoi relancer la polémique sur le pouvoir d’achat, un sujet cher à Gérald Darmanin, l’autre ministre de Bercy, qui, hasard du calendrier, vient de déclarer au journal L’Auvergnat à Paris : « Il n’y a pas, actuellement, de projet de hausse de la TVA restauration. » ça promet de beaux débats.   

Autre écueil : Emmanuel Macron s’est engagé à ne pas augmenter les impôts. Ce serait faire une grosse entorse à cette règle, alors qu’on attend toujours les 60 milliards d’économies. Les arbitrages sur ce sujet sont renvoyés à début juillet. Ce n’est pas bon signe. Mais c’est peut-être aussi le message subliminal de Bruno Le Maire : je suis prêt à prendre des décisions difficiles dans mon champ, sur la TVA, il serait bon que les ministres en charge des dépenses sociales en face de même.

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