Le président du conseil scientifique a libéré la parole sur une accélération du déconfinement. Les milieux économiques enfoncent la porte, mais la question scolaire reste centrale.

Les milieux économiques le pensent et ont depuis ce week-end un argument massue : ce que dit le conseil scientifique. Vendredi, à ce micro, Jean-François Delfraissy, son président, a dit ceci : la situation sanitaire est sous contrôle. Et il l’a redit hier dans le JDD dans une interview titrée « Laissons les gens vivre » (ce qui est une version moderne du "N'emmerdez plus les Français" de Pompidou). 

C’est un tournant. Jeudi, le conseil scientifique avait publié quatre scénarios allant du plus au moins rassurant, mais sans en privilégier un. Jean-François Delfraissy donne donc le signal que le plus favorable est désormais privilégié. Tant mieux, même si cela ne manque pas de sel : il y a un mois, il réclamait la fermeture des écoles jusqu’en septembre... 

1- La première leçon est rétrospective : il est difficile de gouverner et les donneurs de leçons devraient tourner leur langue sept fois dans leur bouche avant de dire a posteriori -mais avec les connaissances d’aujourd’hui- ce qu’il aurait fallu faire. 

2 - La seconde leçon est prospective : oui, la décrue confirmée de l’épidémie permet de remettre l’économie en route avec davantage de confiance. Pour l’heure, une nouvelle étape est prévue le 22 juin. Les restaurants d’Ile-de-France (pas seulement les terrasses) auront-ils le droit de rouvrir avant, le 15 ? On verra. De son côté, Bercy défend l’ouverture des centres commerciaux comme le Forum des Halles à Paris. Là aussi, on verra. 

En revanche, les boîtes de nuit ne rouvriront pas de sitôt : la distanciation physique n’est pas le principe ! Enfin, les entreprises aimeraient desserrer les règles sanitaires si le virus reste sous contrôle.

3 - Et il y a la question des écoles … Le retour à une vie économique proche de la normale bute sur l’impossibilité pour beaucoup d’enfants d’aller à l’école. Les enseignants ont souvent été formidables à distance pendant le confinement. Mais on se souvient que le 11 mai, une alliance entre des syndicats de l’Education (dont certains avaient dit « non l’école ne reprendra pas »), la FCPE et des maires avait limité la rentrée. Un mois après, les parents piaffent. 

Un ministre en première ligne dit en privé (1) : « si les salariés de la grande distribution avaient été aussi courageux que l’Education nationale, les Français n’auraient rien eu à manger ». C’est peu aimable et sans doute injuste mais cela montre que c’est le sujet qui est aujourd'hui le plus important.

(1) Qui n'est évidemment pas celui en charge de l'Education nationale (Ndlr).

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