Ce matin, Dominique, vous avez un scoop : le texte discuté entre les pays européens sur la croissance.

C’est un texte négocié au niveau du Conseil européen ; il porte sur la croissance, le sujet au cœur du projet de François Hollande et des discussions qu’il a, qu’il veut avoir avec Angela Merkel ; il concerne Berlin mais aussi Rome, Madrid et d’autres pays, et vise à faire en sorte que le fameux traité sur la réduction des déficits publics soit contrebalancé par un autre volet, plus positif et moins punitif. Intitulé (je cite) « Sur la voie d’un assainissement axé sur la croissance et d’une croissance favorable à l’emploi », c’est un document de sept pages.

Quel en est le contenu ?

Le premier chapitre a pour titre : stimuler l’emploi, en particulier chez les jeunes - vous savez que c’est la priorité de François Hollande. Le second chapitre concerne le marché unique et évoque notamment les projets en matière d’énergie - François Hollande a indiqué que l’Europe de l’énergie pourrait constituer un grand projet, comme l’ont été l’Europe de l’acier, l’Europe agricole. Le dernier chapitre porte sur le financement de l’économie et les PME. Il propose de mobiliser les fonds structurels européens, de muscler les interventions de la Banque européenne d’investissement et d’avancer sur la voie d’emprunts obligataires européens pour financer des projets d’infrastructure - les « project bonds ». Ce sont des idées dont on a entendu parler ces dernières semaines.

Donc, pas de surprise sur le contenu, sauf que …

… Sauf que le texte dont je viens de décrire le contenu est l’accord conclu à Bruxelles entre les 27 pays européens le 30 janvier dernier. Ce texte n’a eu aucun retentissement parce que, le même jour, ils ont signé le traité sur la discipline budgétaire et adopté le mécanisme de secours de 500 milliards. Mais c’est une déclaration qui engage les Vingt-Sept, avec un rendez-vous : du concret en juin ; ce qui sera fait puisque la Commission y travaille depuis janvier !

Quelle conclusion en tirez-vous ?

D’abord qu’il n’est pas interdit d’avoir l’esprit taquin sur France Inter . Ensuite, il ne s’agit pas de dire qu’il n’y a rien de neuf sous le soleil. François Hollande a aussi évoqué dès décembre la renégociation du volet déficit public de l’accord européen - c’est le plus gros morceau, Merkel a redit non hier. Mais la conclusion est que les idées précises qu’il avance depuis février sont sur la table dès janvier. Un compromis et un peu de com sont plus faciles quand beaucoup d’éléments sont déjà dans le tuyau !

Donc, rien de vraiment nouveau ?

Si ! François Hollande arrive avec une volonté et une vision neuve au bon moment, celui où chacun voit que l’on a été trop exigeant en demandant une réduction trop rapide des déficits de la Grèce et de l’Espagne et qu’une nouvelle étape pour l’Europe est urgente. Au nom de l’efficacité, Nicolas Sarkozy n’a jamais voulu livrer sa vision de l’Europe, préférant peser sur Merkel en coulisses, mais au risque d’apparaître à sa remorque. On l’a souvent dit, c’était une erreur.

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