On a appris hier que l’Allemagne reste le premier pays émetteur de CO2 de l’Union européenne et même qu’elle en émet de plus en plus.

C’est surprenant quand on connaît l’image propre de ce pays champion de l’environnement et des énergies vertes. C’est pourtant la réalité décrite par les statistiques européennes et le bilan des émissions de gaz carbonique pour 2013. Et le résultat est que les émissions de l’Allemagne ont grimpé de 2% alors qu’elles ont reculé de 2,5% en Europe. La contribution de Berlin au réchauffement climatique a donc augmenté ! Si la baisse en Grèce et en Espagne est liée à la situation économique, le cas allemand intrigue parce que c’est la troisième année de hausse. Alors, accident de parcours, rançon de la croissance ou résultat de l’erreur d’avoir fermé des centrales nucléaires sans solution de rechange autre que le retour au charbon ? Voilà la question.

Et la réponse ?

La publication d’hier alimente le moulin des partisans de la thèse d’une transition énergétique bizarrement menée. Premier point, largement ignoré, l’Allemagne arrive largement en tête – vraiment largement – pour les émissions de CO2 en Europe. 760 millions de tonnes, le double - oui le double - des émissions de la France. Elle est en haut du podium, les Anglais sont en second, les Français en troisième mais donc très loin derrière. L’explication, bien sûr : l’importance du nucléaire en France. Les points de départ ne sont pas les mêmes.

Mais cela n’explique pas pourquoi l’Allemagne émet davantage de CO2 qu’hier…

Non, vous avez raison, l’Allemagne, grand pays industriel, a toujours été champion si on peut dire. En revanche, le fait que ses émissions remontent (+ 2%) semble dû au retour de l’utilisation par l’économie des énergies fossiles pour se substituer à la petite part de nucléaire qui existait jusqu’à maintenant. De nouvelles centrales électriques ont été construites, et le recours au gaz et au charbon a été logique. Pourquoi ? Le prix du charbon s’est effondré en Europe depuis que les Etats-Unis l’exportent massivement parce que leurs gaz de schiste leur suffisent ! Résultat, presque la moitié de l’électricité allemande est encore à base de charbon, dix fois plus qu’en France.

Les énergies renouvelables ne suffisent pas ?

Non. Leur part (éoliennes, biomasse, photovoltaïque, hydroélectrique), est de 24% et doit monter encore. Mais le problème est archi-connu. L’énergie des renouvelables est intermittente (il y a du vent ou du soleil ou il n’y en a pas) et elle ne se stocke pas. Il faut donc une énergie de « base » qui équilibre offre et la demande d’électricité. Cela montre l’impasse à laquelle mène un changement brutal, effectué pour des raisons idéologiques sans prise en compte de la réalité des choses. Toute similitude avec ce que certains ayatollahs verts proposent en France serait fortuite. Vous connaissez la formule : l’enfer est pavé de bonnes intentions. Le paradis écologique est pavé de mauvaises actions.

Et quid des émissions françaises l’an dernier ?

Elles ont légèrement augmenté, mais nettement moins qu’en Allemagne et à partir d’un niveau beaucoup plus bas.

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