Que change cette victoire d'Emmanuel Macron ?

A court terme, la victoire d’Emmanuel Macron rassure le monde et l’Europe : l’extrémisme, tout simplement, n’a pas gagné. C’est donc un espoir. En matière économique, la première conséquence à ne pas oublier est que la France gardera l’euro et ne reviendra pas au franc, c’est assez déterminant tout de même. Elle ne sortira pas non plus de l’Union européenne. Ne s’ouvrira pas la période d’incertitudes incroyables qui aurait suivi la victoire de Marine Le Pen : un cataclysme a été évité. A court et moyen terme maintenant, le score obtenu par le nouveau président, personnalité inconnue il y a deux ans, l’oblige : elle l’oblige à avoir des résultats économiques, sociaux et européens. Sur quelle ligne ? On entend depuis hier soir que son élection est une élection par défaut, contre le FN, pas du tout d’adhésion à son projet - sous-entendu à son projet libéral. Evidemment, il n’a pas un blanc-seing. Mais il y a un point à souligner : Emmanuel Macron n’a pas caché ce qu’il souhaite faire, s’inscrire dans une tradition dont on connaît les racines. Son fameux « en même temps », c’est la troisième voie du blairisme, par référence à Tony Blair, ou des modèles scandinaves. La mondialisation est là, l’Europe doit rester une chance, la révolution numérique est là, mais on peut y réussir.

Bénéficiera-t-il d’un état de grâce ?

En économie, il va bénéficier d’un certain état de grâce parce qu’il arrive au moment où il y a une certaine embellie sur la conjoncture en zone euro. Et en France la situation n’est pas la même que celle qu’avait trouvé François Hollande en arrivant en 2012. En revanche, à écouter les déclarations des responsables politiques hier, la réponse est non sur le terrain politique : pas d’état de grâce auprès de la classe politique, même de quelques minutes. C’était désespérant. On peut penser que les Français, après cette année incroyable qui a mis les nerfs de tout le monde à vif, souhaitent que s’il n’y a pas d’état de grâce, qu’il y ait au moins un délai de grâce. Que pendant quelques semaines, quelques mois, une chance soit donnée à ce nouveau président, que le niveau du débat politique ne soit pas trop abaissé, que le ras le bol politique qui a saisi le pays et pesé sur l’économie aussi, ne trouve pas de nouveaux arguments.

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