**100 ans aujourd’hui pour la Journée des femmes… Les grandes entreprises leur ouvrent les conseils d’administration… Doucement…Oui, sous la contrainte il faut le reconnaître. Vous savez qu’une proposition de loi défendue par Jean-François Copé et Marie-Jo Zimmermann a été votée par les députés sur le sujet en janvier, elle sera débattue au Sénat ce printemps. Ce texte, qui s’inspire de la Norvège et de l’Espagne, décide qu’en 2016, dans six ans, les conseils d’administration des sociétés cotées devront compter 40% de femmes. C’est clair. Aujourd’hui, on est grosso modo à 10% dans le CAC 40, avec quelques élèves au dessus de la moyenne, comme BNP-Paribas, Michelin ou Pernod-Ricard, et d’autres très en dessous. Ce qui est intéressant est que la perspective de cette loi commence à remuer les choses. Trois groupes du CAC 40 ont annoncé leur intention de faire rentrer davantage de femmes dans leurs conseils d’ici peu : Vallourec – leader des tubes d’acier sans soudures - , qui part de zéro, Axa et Vivendi. Mais cela ne fait que commencer. Parce qu’un cabinet spécialisé, OFG Recherche, a fait les calculs : pour atteindre le quota 40%, il faudra « trouver » 169 femmes ! b> Ca va être difficile ? Si on considère que la loi va être appliquée – la précision est utile parce que a priori il n’y aura pas de sanctions si elle ne l’est pas - , ce sera une vraie révolution. Parce que cela casse l’endogamie connue des conseils d’administration français en vertu de laquelle une centaine de personnes, parce qu’elles siègent à plusieurs conseils, ont un rôle clé dans le capitalisme français. Ce qui est sûr, c’est que le téléphone des rares femmes qui sont aujourd’hui dans les conseils d’administration n’arrête pas de sonner. Est-ce que cela veut dire que le vivier est étroit ? Aujourd’hui peut-être. Mais poser cette question, c’est poser la même question qu’au moment de l’imposition des quotas en politique. Cela étant, inutile de cacher que cela sera difficile parce que ce texte ne concerne pas seulement le CAC 40 mais toutes les entreprises cotées. Ce qui est sûr, c’est qu’il y aura un certain nombre de femmes étrangères recrutées pour internationaliser les conseils. Un quota, est-ce la bonne méthode ?Cela a beaucoup de défauts, le principal étant qu’il est arbitraire. De même que des femmes sont écartées injustement aujourd’hui, des hommes le seront demain. Le second est que le plus important, ce sont les postes opérationnels, pas les conseils. Et puis enfin, tous ceux qui disent « oui » aux quotas dans les entreprises les accepteraient-ils pour l’enseignement à l’université, à la tête des services hospitaliers ? Pas sûr. Mais il faut bien reconnaître que l’égalité n’a pas progressé énormément par le « bas », en remontant les échelons hiérarchiques. Et donc, qu’une menace peut bouger les choses. Un peu de souplesse sera cependant nécessaire. Encore un point : le secteur public donne-t-il l’exemple ?Non. Il y a moins de femmes dans les conseils des entreprises dont l’Etat est actionnaire qu’ailleurs. A EDF par exemple ! L’Etat ferait mieux par commencer de balayer devant sa porte. Une exception : Radio France, la proportion de femmes au CA est de … 41,7% ! Ouf.**

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