Un sujet consommation ce matin : le salon mondial de l’horlogerie s’ouvre aujourd’hui, comme il se doit à Bâle, en Suisse.

Les auditeurs et les lecteurs, nous disent de temps en temps : arrêtez de ne parler que de ce qui ne va pas, de tout voir en noir ; ils nous disent aussi parfois : il n’y a pas que la campagne présidentielle dans la vie, la terre continue de tourner. Eh bien, la terre, mais aussi les aiguilles - la transition est assez bas de gamme ! -, puisque il y a un secteur, effectivement, qui vit dans l’euphorie actuellement : c’est l’horlogerie. Et cette euphorie est intéressante parce qu’elle dit quelque chose de l’économie telle qu’elle fonctionne. La demande est tirée par les pays émergents ; mais il est possible de fabriquer des produits s’ils sont haut de gamme en Europe ; tout cela explique pourquoi il y a ces derniers jours des grandes manœuvres.

Qui sont les acteurs de ce marché ?

La production de montres, c’est 1,2 milliard de pièces par an. Dont 1,1 milliard fabriqués en Chine et à Hong Kong pour des centaines de marques. Mais ce ne sont pas celles-là qui passionnent le salon de Bâle que vous avez mentionné. Ce sont les quelques dizaines de millions qui sont exportés à partir de l’Europe. D’où ? De Suisse d’abord, pays auquel ces exportations rapportent 14 milliards d’euros. Mais aussi d’Allemagne et de France. Le marché des montres haut de gamme explose, avec des croissances à la verticale parce que les clientèles aisées d’Asie ont soif de ces symboles de réussite, au fond le seul accessoire de mode que portent les hommes. Le classement annuel de Forbes publié hier indique qu’il y a désormais plus de milliardaires en Asie-Pacifique qu’en Europe. Mais les Russes achètent aussi beaucoup de montres à Courchevel et les Chinois à Paris. Attention, on parle de produits de luxe : la Chine exporte des montres à 1 euro 50, la Suisse à 500 euros, en moyenne...

Et, donc, c’est le moment des grandes manœuvres...

Il y a les groupes que tout le monde connaît, Swatch, qui contrôle des dizaines de marques y compris de luxe (Breguet, Longines, Omega), il y a les célèbres Rolex, les Patek Philippe, Tag Heuer acquis par LVMH, etc. Ce qui se passe est que Swatch fournit les composants de beaucoup de marques, comme sous-traitant, et notamment ce qu’on appelle le spiral, le cœur réglant de la montre à l’origine du tic-tac. Et Swatch a décidé de laisser ses concurrents se débrouiller tout seul. C’est du coup un peu la panique. Et du coup, cette semaine, Hermès et Vuitton ont annoncé des achats de fabricants de cadrans, et Richemond un investissement de 100 millions d’euros – tout cela en Suisse, en Europe. C’est donc possible.

Tout est possible puisque la vedette du salon de Bâle sera ...

Une montre à 4 millions d’euros sertie de 1.282 diamants, de la marque suisse Hublot. J’aimerais vous dire, en cette journée de la femme, que c’est un cadeau tentant, mais je ne sais pas si elle est destinée à être portée par une femme ou un homme !

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