Quand les robots remplacent les traders...

Oui, les ouvriers et les employés ne sont pas les seuls à être menacés par la concurrence des robots. Les professions les mieux rémunérés, tout en haut de l’échelle sociale -pour autant que cette expression ait un sens- le sont aussi. 3.000 postes de traders, ces jeunes cadres comme Jérôme Kerviel, en bras de chemise blanche, survoltés, qu’on voit aussi dans les films comme Wall Street et qui négocient les actions dans les banques, eh bien environ 3.000 de ces postes ont été supprimés dans le monde ces seules quatre dernières années. C’est un cabinet spécialisé qui nous l’apprend. Ils ont été remplacés par des robots qui vont plus vite, se trompent moins, achètent et négocient automatiquement au meilleur prix pour le compte de vendeurs et d’acheteurs. C’est ce qu’on appelle le trading algorithmique. Je vais vous donner un exemple précis. Il y a quinze ans, la banque d’affaire Goldman Sachs comptait 600 traders qui travaillaient sur les actions à New York, aujourd’hui, il en reste … deux ! La quasi-totalité des échanges d’actions, d’obligations, mais aussi de plus en plus sur les devises, se font de façon électronique. Les emplois ont-ils disparu définitivement, les robots ont-ils volé le travail ? Non. Car Goldman Sachs a embauché 200 ingénieurs qui gèrent et conçoivent les systèmes informatiques. Bref, c’est le métier de trader qui disparaît.

Quelles questions cela pose-t-il ?

La réflexion porte sur deux points. Le premier est de savoir si, dans la finance, la robotisation fait courir un risque. Les machines sont-elles aussi moutonnières sur les marchés que les humains, quitte à créer des catastrophes ? Réponse : cela suppose de mettre des airbags et des pare-feux aux bons endroits et que c’est à des régulateurs de le faire. Le second point porte sur l’étendue, demain, de la substitution logicielle, comme l’appelle avec délicatesse Bill Gates. Elle progresse vite, dans la santé, la comptabilité, l’information (avec Google et Facebook) etc. Mais paradoxalement, les robots et les algorithmes, qui décuplent la force de travail physique et le travail intellectuel répétitif, valorisent en creux la créativité. Mais aussi et surtout les métiers relationnels dont le besoin se fait de plus en plus sentir - ce qui n’est pas semble-t-il le cas des traders.

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