Les Français boudent toujours autant la Bourse…

Les Français fâchés avec la bourse
Les Français fâchés avec la bourse © Getty / Chuanchai Pundej / EyeEm

Et pas qu’un peu, puisque seulement 19% d’entre eux se disent prêts à acheter des actions, selon un sondage Odoxa paru aujourd’hui. Pour mémoire : on compte moins de 4 millions de petits actionnaires, deux fois moins qu’il y a quinze ans. Et pourtant, les Français sont parmi les plus gros épargnants. Or avec des taux d’intérêt quasi nuls, il y aurait de quoi aller voir du côté des marchés, mais rien n’y fait : sept personnes interrogées sur dix estiment que la Bourse n’offre pas de meilleurs rendements – ce n’est pas un jugement politique. Ils préfèrent donc laisser dormir leurs économies à la banque : les dépôts courants ont bondi de 50% depuis 2013. Quitte à perdre du pouvoir d’achat avec l’inflation. Mais l’aversion au risque est forte, et la politique fiscale d’Emmanuel Macron ne change rien à l’affaire. La fameuse « flat tax », qui plafonne à 30% l’imposition des plus-values, n’est pas jugée suffisante pour aller tenter sa chance à la Bourse.

Est-ce vraiment un problème ?

Sur le terrain économique forcément, parce que d’abord, cela rend les entreprises françaises plus dépendantes d’investisseurs étrangers. Ça peut compter pour la stabilité, les choix stratégiques. Et puis, il y a moins de fonds disponibles pour la croissance des PME, des start-up, les investissements productifs en général. 

Alors, au-delà des baisses d’impôt sur le capital, le gouvernement mise sur les privatisations à venir pour réconcilier les Français avec la Bourse. L’Assemblée nationale, après des débats houleux, vient de confirmer la cession d’Aéroports de Paris et de la Française des jeux. Les modalités ne seront connues que plus tard, mais pour la FDJ notamment, Bercy pourrait réserver des titres aux particuliers. Un petit événement puisqu’il faut remonter à 2007, ouverture du capital d’EDF, pour le dernier appel à l’actionnariat populaire. 

Sauf que les privatisations sont très critiquées à droite comme à gauche aujourd’hui…

Oui mais par le passé aussi, elles avaient suscité des polémiques. Dans le sondage, on constate un attrait assez fort pour la Française des jeux : 33% des interrogés disent qu’ils pourraient souscrire des actions, contre 25% pour le groupe ADP. La FDJ, avec son monopole sur les jeux de loterie, a une image de valeur refuge. On en revient à l’aversion au risque. Parce que le principal écueil, ce sont les petits porteurs qui ont laissé des plumes après la privatisation de France Télécom, d’EDF ou encore de GDF. Et qui n’ont toujours pas retrouvé leur mise.

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