La Chine ai découvert le talon d’Achille de son économie, et veut le soigner. Il s'agit des semi-conducteurs, au point que le président chinois, Xi Jinping, estime (je le cite) que la dépendance de son pays à cette technologie de base est le problème caché le plus grave de son pays.

La Chine se secoue les "puces"
La Chine se secoue les "puces" © Getty / VCG

Présenté vendredi, le 14ème plan quinquennal  entend remédier à cette faille. Les puces électroniques, c’est le pétrole du XXIème siècle, un carburant indispensable pour toutes les économies du globe, indispensable dans les téléphones, les voitures, les ordinateurs, les consoles de jeu, l’intelligence artificielle -en fait partout.

C’est un marché mondial de 430 milliards de dollars et vous savez qu’il y a actuellement une pénurie, avec pour conséquence des arrêts des chaînes de production dans les usines de Renault et PSA.

Or, il se trouve, le cas est rare, que la Chine est hyper-dépendante de l’extérieur : elle ne produit que 15% des puces qu’elle utilise et cette part est encore bien plus faible pour les puces très sophistiquées. 

La Chine dépense 300 milliards de dollars par an pour acheter des semi-conducteurs au reste du monde

Mais le pire du pire pour Pékin est que les trois pays qui dominent le marché mondial sont Taïwan, la Corée du Sud et, loin derrière, les Etats-Unis. Trois ennemis ou rivaux. Concrètement, seuls le taïwanais TSMC et le coréen Samsung savent faire des semi-conducteurs où l’écart entre les deux transistors est inférieur à 7 nanomètres – un milliardième de mètre, 10 puissance -9 mètre (n’essayez pas de visualiser, c’est impossible !). Bref, Xi Jinping veut « mettre le paquet », mais c’est un domaine où son pays n’arrive pas à combler son retard. Et là, Joe Biden se met plus ou moins dans les pas de Donald Trump. 

A Washington, l’objectif est d’appuyer là où cela fait mal, en opposant les techno-démocraties aux régimes techno-autoritaires

Et l’Europe dans tout çà ? Elle pèse 7% de la production mondiale et importe massivement des puces. Il y a quinze ans, l’Europe a fait une erreur historique, elle n’a pas anticipé que les puces ne seraient pas un produit bas de gamme.

Aujourd’hui, seize pays européens se disent prêts à investir une grosse vingtaine de milliards de dollars pour avoir des usines ici. Mais çà c’est le montant de l’investissement du Taïwanais TSMC pour la … seule année 2021. Au total (pardonnez-moi l'expression), sur les puces, il va falloir se secouer.

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter
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