Le journal, Les Echos, organise à Berlin avec le Handelsblatt, son équivalent allemand, une journée entre industriels des deux pays.

France-Allemagne : deux vivions de la compétitivité
France-Allemagne : deux vivions de la compétitivité © Getty / Maks Nosyrev / EyeEm

C’est l’occasion de voir comment ils se jaugent et se jugent les uns les autres. C’est une question importante parce que l’on sait qu’Emmanuel Macron entend proposer à Angela Merkel d’avancer pour muscler l’Europe. Le regard que l’économie allemande porte sur la France, et inversement, est dès lors déterminant pour savoir quelles avancées sont nécessaires et possibles. Leçon N°1 : il est clair que les industriels français ont un sentiment d’infériorité massif vis-à-vis de leurs concurrents. Une enquête Opinionway montre qu’un industriel français sur deux se considère comme moins compétitif que les Allemands. Alors que seulement un Allemand sur trois se voit moins compétitif que les Français. Leçon N°2 : le jugement sur les priorités et les forces et faiblesses révèle de grosses surprises. Les Allemands considèrent que le + important, pour être dans la course, c’est de pouvoir recruter une main d’œuvre qualifiée et la qualité de leurs relations avec leurs sous-traitants. Les Français, eux, mettent sur la 1ère marche du podium tout autre chose : la capacité à investir et innover ; l’amélioration des process de production, en gros l’organisation de la production. Pour résumer (et un peu caricaturer je le reconnais), les Allemands, que l’on pense un peuple d’ingénieurs et qui le sont, mettent les compétences humaines et les relations avec leur environnement en tête de gondole, les Français, c’est plutôt la technique. 

Qu’en conclure ?

A très gros traits très épais, on peut conclure que les industriels allemands se préoccupent en priorité de leurs communautés (au pluriel), celle qu’ils forment avec leurs salariés et leur environnement, par exemple leurs sous-traitants. Tandis que les entreprises françaises ont un problème avec l’emploi. La question à un euro est de savoir si c’est dans leurs gênes ou subi, de leur fait ou pas. Un indice : ce que les industriels tricolores jalousent le plus chez les Allemands (parmi douze propositions), c’est la qualité de la main d’œuvre et leur système de formation. Eh bien, on verra si le gouvernement saura s’y attaquer.

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