Les banques européennes broient du noir – en tous cas sur leurs emplois.

Une banque HSBC
Une banque HSBC © AFP / Riccardo Milani / Hans Lucas

Quand on fait les comptes, ce sont 50 000 emplois bancaires qui apparaissent menacés à court terme, entre les annonces et les rumeurs non démenties. C’est beaucoup, la dernière alerte concerne la banque anglo-chinoise HSBC, selon le Financial Times. En dix ans, la banque européenne a déjà perdu 600 000 emplois. Il en reste 2,7 millions et évidemment la question est de savoir ce qui se passe. 

En 1978, un fameux rapport, le rapport Simon-Nora, avait prédit que la banque serait la sidérurgie de demain, ce n’est pas du tout ce qui s’est passé pendant longtemps, mais peut-être y arrive-t-on maintenant. 

Alors ? Le secteur met en avant la baisse de ses revenus liée à la baisse des taux d’intérêt sur les crédits, qui coince les marges bancaires. Mais aussi les réglementations européennes, qui obligent les banques à avoir des airbags de plus en plus gros (des fonds propres) pour amortir d’éventuelles chocs financiers. 

Tout cela est vrai. Mais la vérité est aussi que le comportement des clients et le digital ont tout changé : le réflexe d’aller en agence a quasiment disparu, tout se fait sur nos téléphones. Le secteur bancaire se retrouve du coup à la fois en surcapacités et en besoin d’investir massivement dans les nouvelles technologies et l’Intelligence artificielle. Il faut appeler un chat un chat : c’est un transfert du travail (les banques avaient besoin de main d’œuvre) vers le capital (dont elles ont besoin pour s’adapter à ce que souhaitent les clients), comme l’industrie en a connu.  

Et du côté français ? La diminution des effectifs est moindre qu’ailleurs, de l’ordre de 3 000 personnes par an chaque année. Mais combien de fois par mois va-t-on dans son agence ? En 2016, un Français sur cinq disait y aller plusieurs fois par mois, contre un sur deux en 2010. Depuis 2016, cela a dû continuer de s’effondrer – il n’y a même plus d’enquête ! Le nombre d’agences (il y en a 36 000, autant que de communes,) « baissote » plus qu’il ne s’écroule, mais cela va s’accélérer, forcément, à un moment ou à un autre. 

Dans certaines petites villes, il reste une agence bancaire à côté d'une pharmacie et d'un salon de coiffure, cela compte, mais leurs fermetures font moins de bruit qu'une usine qui disparaît. Pourquoi en France les emplois ne diminuent-ils pas autant qu’ailleurs ? Parce que les banques françaises sont bien gérées mais aussi qu’avec six grands réseaux bien identifiés géographiquement et par type de clientèle, la concurrence est -disons-le comme cela - moins féroce qu’ailleurs.

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