Mercredi, la Bourse de Paris a rebondi de près de 4%. Mais une valeur souffre plus que les autres depuis des semaines : la Société Générale.

Société Générale
Société Générale © Radio France / Dominique Seux

Après trois séances de baisse, le rebond à la Bourse de Paris, mercredi, est à la fois technique et dû à la décision positive de la Cour constitutionnelle allemande sur l’aide à la Grèce. Pas d’illusion cependant : sur la Grèce, je l’ai souvent dit, on est dans une impasse. Cela étant, ce qui frappe, à la Bourse de Paris, ce sont les difficultés de la Société Générale.Depuis le 1er janvier, la banque a perdu la moitié de sa valeur, la pire performance du CAC 40. Parmi les banques, c’est elle qui a le moins remonté mercredi. La cause directe ? Une incroyable série noire depuis août : résultats décevants ; rumeur sur une faillite, lancée par un journal britannique (qui a dû s’excuser) ; implication possible dans le financement de proches de Kadhafi ; poursuites aux Etats-Unis ; mardi soir encore, a couru le bruit d’une recapitalisation en urgence de la banque par l’Etat. Dans tout cela, disons-le, il y a de l’information et du n’importe quoi.

Les marchés sont moutonniers et irrationnels, rien de nouveau. Soyons clairs : les banques sont toutes fragilisées parce qu’elles ont dans leurs bilans des titres de la Grèce, du Portugal, de l’Italie ; parce que la conjoncture est ambigüe ; parce qu’elles doivent renforcer leurs fonds propres.Mais la Société Générale a deux autres spécificités.

  • Un : le choc Kerviel. La perte stupéfiante de 5 milliards d’euros a été un tel choc qu’une vraie défiance s’est installée. Les rumeurs deviennent crédibles, les démentis peu audibles. Même si c’est injuste.

  • Deux : la SocGen a beaucoup misé sur l’international (or, des marchés comme la Russie sont moins juteux qu’espéré) et sur les activités financières (montages sophistiqués pour les entreprises) par opposition à la banque de détail, les agences avec des clients particuliers ou des entreprises. Elle a d’ailleurs des équipes remarquables. Mais quand il y a moins d’opérations financières complexes, elle souffre et les investisseurs s’inquiètent.

Les clients doivent-ils eux aussi s’inquiéter ? C’est une question sensible avec les banques. Quand un client pousse son caddy chez Auchan, il se moque de la situation financière d’Auchan. Le client d’une banque, lui, a peur de voir son argent disparaitre.Mais, il n’y a, a priori, pas de raison de s’inquiéter. Tous les analystes interrogés par la journaliste spécialisée des "Echos", Ninon Renaud, sont rassurants sur les comptes. La Société Générale, ce sont 57.000 salariés en France (1), 6 millions de clients et 3.500 agences, c’est sa richesse. En revanche, il est clair que Frédéric Oudéa, le patron, doit caler la stratégie de la banque, distancée par la BNP et qui n’est plus que la plus petite des grandes banques européennes. Il lui faut réinventer le business model, le modèle industriel (si on peut dire pour une banque). C’est la priorité.(1) Dont 43.000 dans la banque de détail. Au total, dans le monde, la banque emploie 156.000 personnes.

DOMINIQUE SEUX

Les liens

Société Générale : vrais et faux sujets d'inquiétude Article paru sur le site internet du journal Les Echos, le mercredi 7 septembre 2011, écrit par la journaliste Ninon Renaud.

L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.