Les trois vérités de Christine Lagarde.

Christine Lagarde, directrice générale du Fonds monétaire international, le FMI, qui a donné son interview de rentrée européenne aux Echos . Et elle n’a pas la langue de bois que l’on pouvait craindre. Quelles sont ses vérités ? La première concerne la situation économique. Ce n’est pas jojo ! Elle laisse entendre que la croissance mondiale ne dépassera pas 3% cette année. La raison : le Proche-Orient, l’Irak, l’Ukraine pour l’essentiel. La patronne du FMI craint aussi une nouvelle crise financière : il y a des bulles ici ou là, en clair le prix des actions en Bourse est élevé et le marché obligataire est tendu. On en a déjà parlé ici à ce micro. En revanche, la baisse de l’euro constitue une bonne nouvelle pour nous. Il est passé sous les 1,30 dollar. Premier message: attention au trou d’air sur la croissance.

Le deuxième concerne le fameux débat sur l’austérité en Europe.

On le sait, le FMI est depuis longtemps dans le camp de ceux qui pensent que la zone euro est allée trop vite pour redresser ses comptes publics – c’est aussi le discours anglo-saxon ou d’Arnaud Montebourg ! Christine Lagarde dit : non, ce n’est pas l’austérité qui casse notre croissance. Je la cite : Il s’agit d’un faux débat en ce moment . Cette année, la consolidation budgétaire se limite à 0,3% dans la zone euro, en clair 30 milliards d’effort budgétaire sur un PIB de 10.000 milliards. On ne peut pas parler, dit-elle, d’une politique excessive d’austérité. Donc, le FMI ne préconise pas de desserrer l’étau ou de relancer la demande. En revanche, l’Allemagne devrait faire plus pour réparer ses autoroutes, ses chemins de fer et augmenter ses salaires. Bref, la lutte contre la déflation passe par la politique monétaire, et des réformes internes à chaque pays, pas la relance.

Dernier message, pour la France.

Le principal est qu’elle doit passer de la parole aux actes. Sur les réformes, il y a des paroles, Lagarde les approuve. Mais il convient d’agir, maintenant. Par exemple, le FMI a bien vu que le gouvernement vient d’annoncer qu’il y aura moins d’économies dans les dépenses publiques que prévu à cause soit disant de l’inflation plus basse. Paravent, dit-elle ! Elle dit oui à des ordonnances. En revanche, et l’exécutif en sera content, qu’il ne ramène pas le déficit public à 3% du PIB d’ici 2017 ne lui pose pas de problèmes s’il y a des vraies réformes.

C’est assez nouveau que Christine Lagarde s’exprime aussi précisément sur son pays, la France… non ?

Oui. Et on se pose une question – sans avoir de confidence. Si elle sortait blanchie de l’affaire Tapie, l’envie ne lui viendrait-elle pas, de semer des petits cailloux blancs pour apparaître comme un recours à droite pour 2017 ? Impensable ? Il y a beaucoup de choses impensables en ce moment.

Les liens

Le blog de Dominique Seux

L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.