Titre que j’emprunte à un article de mon confrère et ami des Echos Jean-Marc Vittori, qui résonne formidablement avec l’actualité sociale. Hier, François Hollande a confirmé la réforme du droit du travail -bravo-, mais il n’a donné absolument aucun détail, ce qui fait qu’on ne sait pas vraiment ce qui aura été fait en 2017 dans ce domaine où il y a un quasi-consensus sur l’urgence de bouger sauf … dans le propre camp présidentiel –ce qui ne va pas faciliter les choses. L’éditorialiste que je suis est du coup un peu sec pour commenter l’exercice d’hier, sauf pour rappeler qu’il y a parfois un océan entre la virilité des ambitions affichées et la réalisation. Le mieux, on y vient, est de raconter l’expérience vécue par mon confrère qui a signé cet été une rupture conventionnelle avec sa garde d’enfants – autrement dit sa nounou. Celle-ci ne souhaitait pas reprendre son emploi après un accouchement, mais elle ne voulait pas démissionner, et il n’était pas question de la licencier –pour des raisons financières évidentes. Va donc pour la rupture conventionnelle. Eh bien, le choc ne fût ni social, ni économique et financier, mais de complexité, pour une situation que l’on imagine pourtant assez banale et en tous cas non conflictuelle. Il a fallu envoyer trois lettres de convocation à l’ex-salarié, rédiger la convention de rupture, envoyer le tout à la direction départementale du travail, calculer les soldes de tout compte, préparer le certificat de travail, renseigner le document Pôle Emploi. Au total, pas moins neuf documents et deux mois de délai. Mais le pire ont été les calculs : il a fallu reprendre chaque fiche de paie, en décomptant les congés sans solde, maladie et pathologiques, les jours ouvrables et ouvrés. Bref, au total, et en dépit du recours (payant) à un site d’aide en ligne, mon confrère y a consacré une vingtaine d’heures de travail. Et je vous assure qu’il n’est manchot ni des neurones ni du stylo.

Votre conclusion ?

Cette histoire, c’est le cas le plus simple au monde : se séparer à l’amiable d’un salarié à domicile. C’est infiniment plus complexe, long et coûteux pour des petites entreprises, des artisans. François Hollande en a pris conscience, mais son art de la synthèse est son pire ennemi. Pour l’instant, aucune des lois sociales récentes n’a changé la donne.

L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.