Que peut-on dire sur le plan économique après Irma ?

Mettre des chiffres sur des images, évoquer des coûts quand le sujet ce sont des vies bouleversées, c’est compliqué. Et l’approche économique elle-même envoie desauix contradictoires et pazs forcément lisibles: le nombre de cyclones, d’ouragans et de tempêtes n’a pas augmenté mzis les dégâts semblent croître. l y a eu 15 gros cyclones sur l’Atlantique Nord en 2016, contre 13 en 1996 et 12 en 1976. C’est stable. En revanche, la durée et la force de chacun semble avoir progressé et cela peut (peut) être la conséquence du changement climatique- c’est ce que décrivait le 5ème rapport du GIEC. Et les dégâts ? Le coût économique des catastrophes naturelles dans le monde atteint en moyenne 175 milliards de dollars par an, un quart de point du PIB mondial, ces dernières années. Un chiffre, oui, en très forte hausse par rapport aux années 80. Du coup, on se dit : voilà les conséquences du réchauffement. Mais là encore, attention aux fausses évidences. Les dégâts augmentent aussi parce que la terre est bien plus peuplée qu’alors, que les ouragans frappent des zones urbanisées alors qu’ils frappaient autrefois des zones désertiques. Et puis le niveau de vie a augmenté, donc le coût des dégâts aussi.

Un autre point est en tous cas frappant...

C’est la différence entre les pays riches et les autres pour la reconstruction. Dans les pays riches, on est assuré, par la solidarité nationale ou les assurances personnelles. Ailleurs, il n’y a, hélas, ni l’un ni l’autre. D’où l’écart croissant, dans le monde, entre les dégâts assurés et ceux qui ne le sont pas. Vous vous souvenez des inondations en France et en Europe en juin 2016. Coût : 4 milliards, mais avec des assurances qui couvrent 70% des dégâts, c’est heureusement élevé.

Bref, au total, attentioon : les chiffres disent beaucoup de choses mais pas tout. Et peut-être pas l'essentiel. Car ce qui est clair est que beaucoup d’indices vont en réalité dans le sens des effets du réchauffement. Et on voit bien que la stratégie implicite des dernières années au niveau mondial sur le climat est insuffisante. Cette stratégie, c’est : on a échoué sur la prévention du réchauffement, consacrons nos forces à l’adaptation à un monde plus chaud et aux réparations des dégâts. L’ampleur de ce qu’on a sous les yeux montre que la prévention doit rester prioritaire et qu’on devrait y consacrer autant d’énergie que par exemple contre le terrorisme. Un dernier mot : La France peut, doit, faire plus, mais rappelons qu’elle « réchauffe » moins la planète que l’Italie et le Royaume-Uni et plus de deux fois moins que l’Allemagne.

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