L'Insee annonce ce mardi que l'économie tourne à 95% de son niveau d'avant-crise, mais qu'elle serait seulement à 96% en fin d'année. Ce qui la bloque, c'est son caractère darwinien.

Le message de l’Institut de la statistique ce mardi matin est le suivant : la reprise est là, elle a été très forte depuis le déconfinement, mais elle hésite à la rentrée et surtout elle est darwinienne. C’est-à-dire qu’elle est très différenciée selon les secteurs.

Quelques chiffres : l’économie avait chuté de 5 % au premier trimestre, elle avait littéralement plongé au deuxième trimestre (entre avril et juin), de 14 % - eh bien le rebond serait de 17 % au troisième trimestre (juillet-septembre). C’est bien, très bien, mais ce n’est pas assez pour un retour à la normale : on serait encore aujourd’hui, maintenant, à -5% par rapport à l’avant-virus, et l’Insee estime qu’on sera toujours à -4% fin décembre. 

Pour (presque) finir avec les chiffres, les experts estiment qu’en moyenne sur l’année, la récession serait de 9%. 

Qu’est-ce tout cela veut-il dire ? Que la majorité de l’économie est revenue peu ou prou à la normale, pas totalement mais presque (la construction, l’industrie hors transports, l’agriculture, les services publics), mais que la reprise bute sur les secteurs très touchés par les effets de l’épidémie : les transports, la restauration, l’hébergement, l’aéronautique. 

On parle d’une reprise darwinienne ou en K, avec des secteurs qui remontent au plafond et d’autres qui restent au plancher.

Et sur l’emploi ?

L’Insee indique que 700.000 emplois auraient été détruits au premier semestre, mais qu’entre ceux qui se récréent et se détruisent au second, ce chiffre sera le bilan final de 2020. C’est un peu moins que les 800.000 dont parle le gouvernement, mais enfin pas beaucoup. 

Au final, la France remonte la pente, mais bute sur la dernière centaine de mètres. 

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter
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