Les entreprises chinoises achètent de plus en plus d’entreprises en France et en Europe. Où en sommes-nous ?

C’est vrai que depuis l’arrivée du constructeur Dongfeng qui avait pris 14% de Peugeot Citroën il y a deux ans, les opérations se sont multipliées. Silvio Berlusconi vient d’annoncer la vente de l’AC Milan à des investisseurs chinois, alors que l’autre club de foot de la ville, l’Inter, appartient déjà à un groupe chinois. En France, le club de Sochaux avait déjà été repris par un Chinois. Et il n’y a pas que le foot ou la voiture. L’Empire du milieu a aussi investi l’aéroport de Toulouse, le Club Med, le groupe Louvre Hôtels qui exploite notamment les Campanile. A en croire les chiffres du cabinet d’avocats Baker et McKenzie, les chiffres ont explosé, avec plus de 40 milliards de dollars investis par des Chinois l’an dernier en Europe et aux Etats-Unis.

Pourquoi cette frénésie d’achats?

D’abord une raison financière. Pendant des années, la Chine a acheté des obligations d’Etat américaines qui ne rapportent plus grand-chose. Mieux vaut acheter des actions de belles entreprises occidentales.

Ensuite une raison stratégique. Les groupes chinois sont à une nouvelle phase de leur développement. Ils achètent à l’étranger des parts de marchés, des technologies, des marques. On l’a bien vu dans l’automobile avec le rachat de Volvo et des pneus Pirelli. On le voit aussi dans le tourisme, qui sera un vecteur de croissance du pays dans la prochaine décennie

Enfin peut-être une raison moins avouable : nombre d’investisseurs chinois préfèrent placer des billes à l’étranger car la finance et même la politique intérieure leur semblent un peu fragiles.

Devons-nous craindre cette offensive des capitaux chinois ?

Je pourrai vous affoler en expliquant que les Asiatiques vont s’emparer de tous nos joyaux et que nous n’aurons plus que nos yeux pour pleurer. Mais ce n’est pas vrai. Primo, les achats restent pour l’instant modérés, même s’ils ont beaucoup augmenté. Deuxio, les partenariats permettent aussi aux entreprises françaises de pénétrer plus facilement le marché chinois, et le potentiel est immense. Tertio, il est difficile de bien acheter des entreprises loin de chez soi. Il y a vingt-cinq ans, on avait entendu des cris d’orfraie quand les Japonais s’étaient rués sur les studios américains de cinéma ou l’immobilier européen. Force est de constater qu’ils ont surtout fait de mauvaises affaires. Rien ne dit que les Chinois feront les mêmes erreurs. Mais rien ne dit non plus qu’ils vont tout racheter, ce qui n’interdit pas de rester vigilant.

L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.