Le gouvernement a décidé de réformer le crédit d’impôt transition énergétique. Est-ce une bonne nouvelle pour l’écologie ?

Parmi les chantiers sur la table d'Elisabeth Borne et de Bercy : La réforme du crédit d’impôt transition énergétique.
Parmi les chantiers sur la table d'Elisabeth Borne et de Bercy : La réforme du crédit d’impôt transition énergétique. © AFP / Ludovic Marin

Il est vrai que c’est surprenant, le jour où le GIEC publie un rapport alarmiste sur l’état de la planète, le gouvernement revient sur l’aide qui bénéficiait aux travaux d’isolation chez les particuliers. Ce crédit d’impôt c’était un dispositif plutôt simple : si vous refaisiez votre toiture ou changiez la chaudière, vous pouviez bénéficier d’un crédit d’impôt , qui couvrait 30% des dépenses. Il a bien fonctionné jusqu’ici …. mais voilà, il coûtait cher, 2 milliards d’euros environ et le gouvernement a décidé d’en réduire drastiquement le champ d’application. La subvention, transformée en une aide directe versée au moment des travaux, va être supprimée pour les plus riches, réduite pour les revenus intermédiaires, et elle se concentrera sur les 40% de foyers les plus modestes. 

Cette réforme a toutefois deux inconvénients : un, les ménages privés de ce soutien ne seront plus incités à isoler leur logement. Deux, le système est si complexe qu’il y a de fortes chances qu’il soit peu utilisé. Pour répondre à votre question, non, ce n’est pas une bonne nouvelle pour l’environnement. Ca rappelle la prime à la conversion, qui a aussi été revue à la baisse... Oui, pour les mêmes raisons d’économies budgétaires le vaste plan d’aide à l’acquisition de véhicules plus propres vient d’être très sévèrement réduit. Les Français seront moins incités à changer de voitures. D’une façon générale, si on regarde de près la façon dont ont été conduites ces dernières années les politiques publiques qui doivent accompagner voire accélérer notre transition énergétique, on a l’impression que trop souvent, l’Etat s’échine à freiner le mouvement. On affiche d’un côté un discours impeccablement écologiste, on joue même les Saint just en refusant de négocier des accords commerciaux avec les Etats-Unis et le Brésil parce qu’ils ne respectent pas les accords de Paris sur le climat ; mais sur le terrain, en France, on ne peut pas dire qu’on soit exemplaires.   

Mais pourquoi ? Bien souvent, c’est une montagne de réglementations  et de rigidités qui bloquent les projets. Des exemples il y en a à foison : on a appris il y a quelques jours que des PME françaises sont prêtes, techniquement, à transformer des voitures à essence en voitures électriques. Mais une loi qui date de 1954 les empêche de se lancer. Même chose pour les taxis flottants électriques qui devraient naviguer sur la Seine, ils attendent depuis 2016 les autorisations nécessaires. Quant aux éoliennes offshore, dont les premiers projets remontent à 2011, elles verront le jour si tout va bien en 2021, et cela aura pris le double de temps que dans les autres pays européens. A tous ces obstacles s’ajoutent un manque de cohérence et de constance des politiques suivies : on est très fort pour prononcer des discours enflammés, mais on a bien du mal à les traduire en acte.

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