Ce matin : Et si Donald Trump était finalement, sur le commerce mondial, le plus malin de tous ?

Même si cela fait mal au coeur de le dire, on pensait à cela hier en lisant un de ses tweets : ayez confiance, un accord va être trouvé avec Pékin sur le commerce, écrit le président, parce que la Chine va abaisser ses barrières douanières. C’est le chaud soufflé après une semaine d’air glacial : surtaxes américaines portant sur l’importation de 1.300 produits chinois, riposte immédiate de Pékin, re-riposte jeudi de Washington sur d’autres produits chinois, au total des haies levées sur l’équivalent du tiers du commerce entre les deux pays. Ce n'est pas rien. 

D’où la question : la méthode Trump -je menace, je négocie et finalement j’arrache des concessions- peut-elle marcher avec les Chinois ? Le monde entier regarde cette bagarre avec intérêt, en poussant officiellement des cris horrifiés et en se bouchant les oreilles mais en se demandant si les Etats-Unis ne vont pas faire le sale boulot et mettre un coup d’arrêt à la puissance chinoise, dont le maître-mot n’est pas toujours la loyauté, la réciprocité et le fair-play. Et après tout, le président américain a gagné un bras de fer identique avec la Corée qui vient d'accepter de lever les quotas d’importations de voitures américaines. 

Oui, cela peut apparaître malin, d’autant plus qu’on n’en est qu’aux escarmouches et aux intentions, il ne s’est encore rien passé de réel – il y a deux mois de négociations.

Mais à malin, malin et demi.

Le problème est que les coups de gueule apportent un plaisir intense mais bref. Les Etats-Unis de Donald Trump oublient un peu vite que personne ne les a forcés à faire fabriquer tous les produits tech en Chine et que les consommateurs du monde entier ont bénéficié de baisses de prix fantastiques. Washington estime que sa stratégie va permettre de construire un nouvel équilibre plus juste, gagnant-gagnant (win-win). 

Mais l’histoire économique des années 30 montre que cela peut basculer vite vers du perdant-perdant (lose-lose) quand chacun agit de son côté, tout seul. Donc, on ne sait pas où cela nous conduit –malin, stupide ou dangereux- : la seule chose sûre est que le choc de deux vrais nationalistes, Xi, le numéro un chinois, et Trump, l’américain, est inédit depuis 50 ans.

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