Hotel de ville Bordeau
Hotel de ville Bordeau © Maxppp

Ce matin, votre journal, Les Échos, publie un audit des finances des dix plus grandes villes de France. Côté dépenses et côté impôts.

Avec une dizaine de quotidiens régionaux, nous avons demandé à un think tank - comme on dit -, l’Institut Montaigne, d’éplucher les comptes des dix plus grandes villes (Paris, Marseille, Strasbourg, Lille, Nantes, Rennes, Nice, Lyon, Toulouse et Bordeaux). Une équipe d’experts - peut-être aussi des hauts fonctionnaires ou des magistrats - ont regardé les dépenses et les recettes de ces grandes communes pour aller au-delà des apparences. Et vous allez voir, c’est nécessaire de soulever le tapis ! La conclusion, c’est une bonne et une mauvaise nouvelle.

On commence par la bonne – on est lundi matin !

La bonne, c’est que la situation de ces grandes villes est globalement plutôt saine, il n’y a pas de catastrophe en vue.Aucune grande métropole nationale ou régionale n’est menacée par la faillite , comme cela s’est passé à Detroit, aux États-Unis. Ou comme autrefois à Angoulême, Nîmes ou Briançon. Tant mieux ! La règle constitutionnelle qui interdit aux collectivités locales d’être dans le rouge sous peine d’être mise sous tutelle par le préfet, (cette règle) a une efficacité certaine et il y a un retour au sérieux financier.

Mais ce satisfecit d’ensemble cache quelque chose ...

La mauvaise nouvelle, c’est quele millefeuille territorial conduit bel et bien à une envolée des dépenses et des impôts. Il ne suffit plus de regarder les comptes des communes pour juger le sérieux d’une gestion, mais il faut aller regarder tout ce qui a été transféré vers les nouvelles structures locales, les communautés urbaines et les métropoles. Et on s’aperçoit que beaucoup de dépenses ont été glissées vers ces entités discrètes (elles gèrent les services en commun comme l’eau, l’assainissement, les ordures, le sport parfois etc.). Et sans que les dépenses des villes dépensent : celles de nos dix communes ont encore grimpé de 28% en dix ans.

Quelques exemples ?

La ville de Toulouse n’a quasiment plus de dette et ses charges de personnel ont baissé ; mais Toulouse Métropole a doublé sa dette et les dépenses de personnel se sont envolées. A Nice , la situation financière est bonne, mais les dépenses de personnel de la métropole Nice Cote d’Azur ont été multipliées par 3,5. A Marseille et Lille , la dette est égale à la moitié des recettes fiscales, ce qui est énorme ! À Bordeaux , les dépenses ont grimpé de 51% en dix ans.

La conclusion ?

Elle est double. Un : Les communes sont au pied du mur parce que les temps faciles sont derrière elles. Ne serait-ce que parce que les dotations de l’Etat baissent. Deux : curieusement, il n’y a pas eu pour l’instant de ras le bol fiscal local contre les impôts locaux, alors même qu’ils ont augmenté de 25% depuis 2008 à Paris, Marseille, Nice, Rennes ou Lyon. Cela s’explique par le fait que, pour prendre la taxe d’habitation, la moitié des contribuables en sont totalement ou partiellement exonérés. C’est l’Etat qui paie. L’Etat qui n’a plus d’argent et pour longtemps. Nous sommes en réalité au bout d’un système d’irresponsabilité collective.

Aller plus loin :

L'audit des Échos sur les vrais comptes des 10 premières villes françaises

2014 une année difficile pour les finances municipales

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Le blog de Dominique Seux

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