Ce matin, une information qui va étonner. Une vague de fermeture d'entreprises tellement annoncée devait arriver début octobre et devait déferler sur l’économie française. Eh bien non.

Malgré la crise sanitaire, le nombre de faillites d'entreprises est en baisse en 2020
Malgré la crise sanitaire, le nombre de faillites d'entreprises est en baisse en 2020 © Getty / TERADAT SANTIVIVUT

Depuis le 1er septembre, les greffiers des tribunaux de commerce (greffier ce n’est pas un métier de petit plaisantin), ces greffiers ont enregistré 7.500 ouvertures de procédures collectives. 

C’est un gros tiers de moins qu’en 2019. Au total, cette année, il devrait y avoir 15.000 faillites de moins que l’année dernière. 

Alors, comment est-ce possible avec une énorme récession, des commerces fermés, des secteurs entiers à l’arrêt – le tourisme, la culture, l’événementiel ? 

Nos auditeurs l’ont compris avant que je le dise : c’est grâce au « quoi qu’il en coûte »

C'est l’Etat qui porte à bras de bras des dizaines de milliers d’entreprises et des centaines de milliers d’emplois avec le chômage partiel, les prêts garantis et le fonds de solidarité. 

Comme on dit au jeu, l’Etat a pris la paume. Il y a, hélas, des salariés qui perdent leurs emplois et des entreprises qui mettent la clé sous la porte dans la douleur, mais elles sont plus nombreuses à serrer … les dents. 

Cela veut dire -re-hélas- que beaucoup de faillites et de licenciements risquent d’être reportés à plus tard, en 2021 voire 2022.

Mais tout dépendra de la vitesse du redémarrage de l’économie une fois que les Français seront vaccinés (si tout va bien). Et cela dépendra de la façon dont les aides publiques financées par la dette seront débranchées. 

Au fond, quel est le scénario ? 

Tant que les personnes les plus à risque ne seront pas toutes vaccinées, le pays et son économie fonctionneront encore en mode stop & go -libération/restrictions-, peut-être jusqu’à l’été prochain. Mais alors, la reprise pourrait être très forte au second semestre.

Que pensent les entreprises ? La plupart attendent en réalité la fin de la crise sanitaire pour prendre des décisions stratégiques, quand elles peuvent attendre bien sûr. 

Mais ce qui frappe les spécialistes qui voient les patrons de très petites entreprises et de PME en ce moment, c’est (je cite l’un de ces spécialistes), un « état de délabrement psychique et moral parce que ces dirigeants ont l’impression d’avoir tout fait, tant sur le plan des mesures sanitaires qu’économiques » -fin de citation. Bref, eux aussi, comme leurs salariés, en ont ras le bol.

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter