Finalement, le Front National a décidé de maintenir la sortie de l’euro dans son programme.

Oui, mais vous l’avez dit, de façon alambiquée. Il y a eu un débat, puisque certains considéraient que le retour au franc servait de repoussoir. Mais au final on ne change rien. Officiellement, Marine Le Pen évoque désormais le retour de la souveraineté monétaire, pas plus, et l’idée d’un référendum est dans l’air. A partir de là, la réponse de tous ceux -j’en suis- qui croient encore à l'euro, malgré les déceptions, (cette réponse) n’est pas simple. Traiter cette idée par le mépris renforce la conviction du FN que (je cite) le système est pour l’euro. Dire, par exemple que la sortie de l’euro est impossible est faux. Elle est possible, techniquement, économiquement. Ce serait compliquée, coûteux, mais possible. Inversement, c'est vrai, le retour au franc rendrait possible des dévaluations comme au bon vieux temps. L'argument de la peur n’est pas le bon argument.

Quelles sont les bonnes réponses sur l’euro, alors ?

Il y en a trois. Un : on peut défendre l’idée que les difficultés de la France ne sont pas principalement liées à l’euro. La monnaie unique date de 1999, mais la parité monétaire entre la France et l’Allemagne n’a quasiment pas bougé depuis 1987, presque trente ans. Pendant cette période, il y a eu des bonnes périodes et des mauvaises périodes économiques et d’autres pays qui vivent avec l’euro s’en tirent bien parce qu’ils ont fait les réformes nécessaires. Deuxième point : on doit reconnaître que les quinze premières années de l’euro ont déçu. Il devait rapprocher les économies, mais chaque pays a profité des taux d’intérêt faibles allemands pour jouer les cigales et les gouvernements se sont reposés sur le parapluie de la Banque centrale européenne pour éteindre les incendies. Les eurolâtres et les eurobéats rasent les murs. Mais trois : il y a encore un moyen de transformer l’euro en réussite si les politiques acceptent de s'engager sur l'euro, parlent moins de tuyauterie budgétaires et plus de projets, acceptent un euro resserré autour de quatre-cinq pays qui auraient le même smic, les mêmes impôts et charges, etc. et gouvernent ensemble. Une sorte de super-euro. Il n'est pas trop tard, mais le compte à rebours tourne. Surtout au moment où, depuis quelques heures, les marchés repartent en vrille.

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