Une liste de 40 entreprises innovantes a été publiée hier, le Next 40. La start-up nation est en progrès mais n'a pas encore réussi -hélas- à placer l'un des siens dans les premières places de la Tech mondiale.

Une liste des 40 start-up françaises les plus prometteuses a été publiée hier. Cela s’appelle le Next40, le prochain CAC40, par analogie bien sûr au CAC40 dont c’est le pendant si j'ose en couches culottes : on parle bien sûr des entreprises pas des personnes.

On va donner dans un instant quelques noms de cette liste pleine d’espoir, mais après avoir dit deux choses. Cette liste a été présentée par Bercy, le ministère des Finances, ce qui est un tantinet étrange et symptomatique : l’Etat est décidément au cœur de tout. 

Et puis, c’est un événement un peu cruel parce que les start-up françaises n’ont pas brillé magnifiquement depuis quelques semaines sur le sujet des vaccins -hélas trois fois hélas- et c’est là qu’on aurait aimé qu’elles brillassent. 

Qui sont ces champions de la tech tricolore ? 

Ce sont des jeunes sociétés qui sont valorisées au moins un milliard d’euros ou qui connaissent une croissance d’au moins 30% par an ou ont « levé » au moins 100 millions d’euros l’année dernière. 

Il y a des marques connues, comme Blablacar, Doctolib, Deezer, Cityscoot, le média Brut, et d’autres qui le sont moins ou pas. 

On pense à l’éditeur nantais de logiciels Akeneo, à Mirakl, qui est une référence mondiale pour créer ce qu’on appelle des places de marché pour le commerce en ligne, à OVH, un opérateur du cloud très coté partout, etc. etc. 

On aimerait donner la liste complète parce qu’à chaque fois il y a des idées nouvelles, une énergie phénoménale et le rêve de grimper l’échelle et de se faire une place au soleil dans l’univers des entreprises technologiques mondiales. 

Mais c’est aussi un sujet politique

Il y a un enjeu politique notamment pour Emmanuel Macron, qui avait fait sa campagne de 2017 sur la start-up nation. Depuis, les Gilets Jaunes et le coronavirus sont passés par là, mais il aimerait sans doute conserver cette image de dynamisme, de jeunesse entrepreneuriale.

Le problème est que l’absence des Français dans l’innovation vaccinale (le fameux ARN Messager) brouille cette image et tombe mal, tout comme le fait qu’une biotech comme Valvena se finance plutôt à Londres qu'à Paris pour ses vaccins. 

Disons-le : La start-up nation qui serait obligée une nouvelle fois de reconfiner, c’est davantage un outil du Moyen-Age que du XXIème siècle. 

L’échec initial de l’application StopAntiCovid avant la résurrection de TousAntiCovid a été raillée. Bref, c’est vrai que ces pépites sont aidés, que leur écosystème s’est amélioré, mais il manque, pour la start up nation, la réussite exceptionnelle devant laquelle tout le monde serait obligé de s’incliner.

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter
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