C’est une information des "Echos" : les services fiscaux vont perdre 20 000 emplois d’ici cinq ans.

Le ministre de l'Action et des Comptes Publics Gérald Darmanin
Le ministre de l'Action et des Comptes Publics Gérald Darmanin © AFP / Ludovic MARIN

Gérald Darmanin, le ministre des Comptes publics, devrait l’annoncer mercredi aux cadres de Bercy. Pas loin de 20 000 postes seront supprimés dans les services fiscaux, qui emploient aujourd'hui 103 000 personnes et qui en employaient 123 000 il y a dix ans. Cela veut dire que le ministère des Finances va être, et de loin, le plus contributeur à la baisse globale des effectifs de l’État à laquelle s’est engagée Emmanuel Macron pendant son quinquennat, soit moins 50 000 postes.

Qu’est-ce qui permet cela ? 

Essentiellement le numérique, qui simplifie les choses pour les particuliers et les entreprises. Les déclarations en ligne vont encore progresser. Du côté du contrôle fiscal, le data mining, le ciblage des contrôles, les croisements de fichiers, progressent vite ; du côté des renseignements et des aides aux contribuables, l’objectif est que cela se passe plus en ligne que derrière un guichet. Au-delà, la diminution du nombre de centres locaux des impôts va se poursuivre, comme cela a été fait dans la totalité des grands pays développés. 

Enfin, la suppression de la taxe d'habitation pousse dans le même sens, comme la retenue à la source de l’impôt sur le revenu puisque dès 2019, ce sont les entreprises qui vont le collecter. 

Cela veut dire qu’en quinze ans, entre 2008 et 2023, les services fiscaux auront perdu 40 000 postes. Il n’y a pas d’exemple d’un changement aussi rapide. Concrètement, il y aura des plans de départs avec un chèque pour les fonctionnaires volontaires.

Les services fiscaux doivent être aussi modernisés

A la lecture (un dimanche 8 juillet, c’est vertueux) d’un rapport de la Cour des comptes publié fin juin, on apprend de drôles de choses. Par exemple, il y a à Bercy 700 applications informatiques, dont les deux tiers ont plus de dix ans et certaines sont écrites en langage Cobol, comme celui concernant la paie des fonctionnaires – cela semble incroyable. Plus personne ne connaissant ce langage du paléolithique, Bercy appelle de temps en temps en urgence des fonctionnaires retraités et remet l’enseignement du Cobol au programme.

Maintenant, évoquons les ressources humaines. Pour déplacer un agent du fisc d’un centre des impôts à un autre distant de 14 kilomètres dans l’Ain, donne comme exemple la Cour, il faut que son dossier remonte en procédure paritaire nationale à Paris parce que c’est la procédure. Cela va changer, mais on voit qu’il s’agit d’une administration certainement compétente et dévouée, mais assez rigide.

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