Le gouvernement remet en haut de la pile l'aspect financier de la réforme des retraites. Un allongement de la durée de cotisations pour avoir une retraite à taux plein est envisagé.

Jean Castex, Premier ministre
Jean Castex, Premier ministre © Getty / Martin BUREAU

Ce jeudi 9 juillet 2020, Jean Castex va commencer à recevoir les partenaires sociaux. Ils parleront retraites. Ils ne parleront pas seulement des retraites, mais ils en parleront aussi. Jusqu’à hier, on n’y comprenait rien sur les intentions du gouvernement, et hier les choses se sont (un peu) éclaircies.

Résumons. Il y a un mois, Emmanuel Macron laissait entendre que, de la réforme d’avant le Covid, il garderait la réforme de fond, le passage à un système par points et les mesures sucrées, notamment la revalorisation du minimum de pension. 

Et il laissait entendre que le fameux âge-pivot au-dessus de 62 ans était surtout défendu par Édouard Philippe et on comprenait du coup qu’il passerait à la trappe. Eh bien hier, surprise, Jean Castex a expliqué que l’équilibre financier des retraites redevient le sujet le plus important. 

Hausse de l’âge de la retraite ?

Alors, vous demandez-vous, revoilà la hausse de l’âge de la retraite ? Au moins dans le débat, oui. En fait, à ce stade, il y a une certitude et une incertitude. La certitude, c’est que cela ne passerait plus par l’âge-pivot. S'il y a une mesure d’âge, ce serait plus doux : ce serait l’allongement de la durée de cotisation nécessaire pour avoir une retraite à taux plein, 167 trimestres actuellement. 

Avec ce discours, l’incertitude est le but de la manœuvre du Gouvernement. 

S’agit-il de tenter la CFDT en lui disant : allez, faites un geste sur l’âge et vous aurez la réforme à points, plus juste et à laquelle vous tenez tant ? Ou s’agit-il d’une démarche politique pour montrer aux électeurs de la majorité qu’Emmanuel Macron reste sérieux sur les comptes publics – on parle d’un déficit de 30 milliards sur les retraites, et dans ce cas il est prêt à passer en force à l'automne  ? 

Vers quelle hypothèse peut-on se tourner ? 

Un peu des deux à la fois, mais la seconde hypothèse l'emporte. Ce qui est sûr c'est qu’après comme avant le Covid, les Français partent plus tôt en retraite qu’ailleurs et qu’il y a des injustices et des inégalités absolument flagrantes. On imagine aussi que l’Élysée enrage d’avoir laissé en rade sa réforme qui était presque au bout de son chemin de croix. 

Mais la question est aussi de savoir quelle est la priorité du moment : ce n’est certainement pas d’avoir, à la rentrée, un pays tourneboulé pour la quatrième fois depuis 2017 après les "gilets jaunes", un premier mouvement sur les retraites et le Covid-19. Cela suffit.

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter
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